Bucharest Romania
Romania

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La capitale roumaine ne se laisse pas apercevoir depuis le fleuve : les navires du bas Danube accostent à Giurgiu ou à Oltenița, et un transfert routier d'environ une heure et demie traverse les plaines de Valachie avant que n'apparaissent les boulevards de Bucarest. Ce trajet fait partie de l'expérience. Champs, villages et clochers défilent, puis la ville surgit, massive et contrastée, prête à raconter un vingtième siècle qu'elle a traversé comme peu de capitales européennes.

Le palais du Parlement, démesure assumée

Impossible d'ignorer le palais du Parlement, colosse élevé dans les années 1980 sous le régime de Ceaușescu. On lui prête environ 1 100 pièces habillées de marbre, de bois précieux, de cristal et de dorures, dans des proportions qui donnent le vertige. La visite guidée n'en parcourt qu'une fraction, suffisante pour saisir le contraste entre ce luxe d'État et les pénuries qu'enduraient alors les Roumains. L'édifice se contemple aussi de l'extérieur, depuis les larges perspectives percées pour le mettre en scène.

Lipscani, la vieille ville retrouvée

À vingt minutes de marche, changement complet de registre : le quartier de Lipscani déroule ses ruelles pavées, ses passages et ses cours où se côtoient librairies, ateliers et terrasses. On y repère les vestiges de la Cour princière, la Curtea Veche, cœur du Bucarest ancien, et d'anciennes auberges marchandes réhabilitées. Le quartier vit tard et fort, mais en journée il se prête à une flânerie curieuse, entre façades restaurées et églises orthodoxes nichées entre deux immeubles.

Poussez la porte de l'une d'elles : fresques sombres, iconostases dorées et parfum d'encens composent un contrepoint saisissant à l'agitation des terrasses voisines. Ces sanctuaires minuscules, survivants des démolitions du siècle dernier, comptent parmi les émotions les plus fortes de la visite.

L'Athénée et les jardins

Un peu plus au nord, l'Athénée roumain dresse sa rotonde à colonnes, salle de concert vénérée des mélomanes du pays et symbole de la capitale élégante d'avant-guerre. Tout près, les jardins de Cișmigiu offrent leurs allées, leur plan d'eau et leurs bancs ombragés : les habitants y jouent aux échecs, y lisent, y promènent les enfants. Cette respiration verte tombe à point au milieu d'une journée urbaine dense.

Autour, les boulevards racontent une autre époque, celle des années 1900, quand architectes français et roumains rivalisaient d'immeubles ornés. Beaucoup ont souffert du temps, certains renaissent, et ce clair-obscur architectural fait le caractère de la capitale.

Le Musée du village, la Roumanie en raccourci

Pour saisir le pays au-delà de sa capitale, le Musée national du village Dimitrie Gusti rassemble en plein air maisons de bois, fermes et églises venues de toutes les régions, retraçant un millénaire de vie rurale roumaine. On y circule comme dans un hameau recomposé, entre toits de chaume et portails sculptés. C'est la surprise préférée de bien des passagers, et une belle façon de comprendre d'où viennent les villages aperçus depuis le fleuve.

Une journée qui se planifie

  • Compter environ trois heures de route aller-retour depuis le quai de Giurgiu ou d'Oltenița.
  • Les excursions organisées combinent en général le palais du Parlement, la vieille ville et un des grands musées.
  • Prévoir de bonnes chaussures : Bucarest se livre à pied, d'un îlot d'histoire à l'autre.

Sur la route du retour

Quand l'autocar retraverse la plaine vers le Danube, les images se bousculent : les couloirs de marbre du palais, les pavés de Lipscani, les toits de chaume du musée en plein air. Bucarest ne ressemble à aucune autre étape du fleuve, précisément parce qu'elle s'en éloigne. On remonte à bord avec le sentiment d'avoir lu en accéléré un siècle d'histoire européenne, et l'envie d'en connaître les chapitres manquants.