Longtemps fermée aux visiteurs, la côte est de l'Arabie saoudite s'ouvre désormais aux navires de croisière, et l'escale de Dammam en est la principale porte. Le navire accoste au King Abdulaziz Port, l'un des grands ports du golfe Persique, qui dessert la Province orientale et, au-delà, Riyad, la capitale, à environ 390 km à l'intérieur des terres. Devant vous s'étend une conurbation moderne née du pétrole — Dammam, Dhahran et Al Khobar — où les traditions locales cohabitent avec des institutions culturelles flambant neuves.

La corniche et la ville

Dammam s'est donné une longue façade maritime : sa corniche s'étire sur environ 7,5 km le long du Golfe, ponctuée de parcs, de mosquées et de cafés où les familles se retrouvent en soirée, quand la chaleur retombe. La promenade donne le pouls de la ville, entre pêcheurs à la ligne, joggeurs et vendeurs de maïs grillé. Face au rivage d'Al Khobar, l'île artificielle de Murjan avance ses jardins dans la mer, prisée des familles en fin de semaine. Les mosquées du front de mer, dont celle d'Al Ibrahim Alarfaj sur la corniche, ponctuent la promenade de leurs minarets. Dans les souks du centre, tissus, dattes et encens rappellent que le commerce précède ici de loin l'ère pétrolière : bien avant les derricks, la région vivait de la pêche et des perles du Golfe.

Ithra, l'étonnante machine culturelle

À Dhahran, le King Abdulaziz Center for World Culture, que tout le monde appelle Ithra, constitue la visite phare de l'escale. L'édifice futuriste, semblable à un empilement de galets polis, abrite musée, galeries d'art, bibliothèque, théâtre et espaces d'exposition consacrés aussi bien au patrimoine saoudien qu'à l'art contemporain international. On peut y passer une demi-journée entière, entre une exposition sur l'histoire de la péninsule et un café face aux jardins. Le lieu illustre mieux que tout discours la transformation culturelle en cours dans le royaume.

Al Khobar et les excursions au long cours

Al Khobar, la plus détendue des trois villes, aligne ses restaurants et ses centres commerciaux près du front de mer, non loin de la chaussée du roi Fahd qui s'élance vers Bahreïn. Les excursions plus ambitieuses visent le château de Tarout, sur son île de la baie de Qatif, dont le tell témoigne de millénaires d'occupation, le vieux marché de Qatif, ou encore l'oasis d'Al-Ahsa, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, avec ses millions de palmiers-dattiers et ses sources — une longue journée de route, réservée aux escales étendues.

Une escale encore neuve

Le tourisme de croisière reste jeune en Arabie saoudite, et cela se ressent de la meilleure des manières : les visiteurs sont accueillis avec une curiosité sincère, les sites ne connaissent pas la foule, et chaque conversation — autour d'un café à la cardamome ou d'une assiette de dattes — prend le temps qu'il faut. Les usages locaux demandent en retour un peu d'attention : tenue couvrante, discrétion pendant les heures de prière, demande d'autorisation avant de photographier des personnes. Ces règles simples ouvrent toutes les portes.

Repères et usages

ÉlémentDétail
AccostageKing Abdulaziz Port, zone portuaire commerciale
DéplacementsNavettes et excursions organisées recommandées
Visite phareCentre culturel Ithra, à Dhahran
Excursion longueOasis d'Al-Ahsa (UNESCO)
TenueVêtements couvrants recommandés par respect des usages locaux

Ce que l'on retient

Le navire reprend la mer dans le crépuscule, laissant derrière lui la corniche illuminée. L'escale aura montré un pays en pleine métamorphose, où un centre culturel audacieux pousse à côté des souks et où l'hospitalité — thé, dattes, conversations curieuses — reste la première richesse. Les voyageurs qui aiment observer le monde en train de changer trouvent à Dammam un poste d'observation de premier ordre.

Questions fréquentes

Au King Abdulaziz Port, l'un des grands ports du golfe Persique. C'est un port de commerce : la sortie se fait en navette ou en taxi vers la corniche et le centre, pas à pied.
La principale porte de croisière de la côte est, longtemps fermée aux visiteurs. Le port dessert la Province orientale et, au-delà, Riyad, la capitale, à environ 390 kilomètres à l'intérieur des terres.
Non, il faut être honnête : 390 kilomètres séparent le port de la capitale, soit une journée entière de route aller-retour. L'escale se joue dans la conurbation Dammam-Dhahran-Al Khobar.
Ithra à Dhahran en priorité, puis la corniche de Dammam ou le front de mer d'Al Khobar. Les souks du centre complètent bien la journée si le temps le permet.
Le King Abdulaziz Center for World Culture, à Dhahran : un édifice futuriste qui ressemble à un empilement de galets polis. Il abrite musée, galeries, bibliothèque, théâtre et expositions, du patrimoine saoudien à l'art contemporain international. On peut y passer une demi-journée.
Elle s'étire sur environ 7,5 kilomètres le long du Golfe, ponctuée de parcs, de mosquées et de cafés. Les familles s'y retrouvent en soirée, quand la chaleur retombe, entre pêcheurs à la ligne, joggeurs et vendeurs de maïs grillé.
Tissus, dattes et encens. Ces étals rappellent que le commerce précède ici de loin l'ère pétrolière : bien avant les derricks, la région vivait de la pêche et des perles du Golfe.
Le château de Tarout sur son île de la baie de Qatif, le vieux marché de Qatif, et l'oasis d'Al-Ahsa classée à l'UNESCO, avec ses millions de palmiers-dattiers et ses sources. Al-Ahsa demande une longue journée de route : à réserver aux escales étendues.
De novembre à mars. L'été du Golfe combine chaleur extrême et humidité, ce qui rend la corniche et les souks pénibles en journée. Même en hiver, les activités extérieures se font plutôt en fin d'après-midi.
De façon couvrante : épaules et genoux couverts pour tous, vêtements amples. Les règles se sont assouplies pour les visiteuses, mais la retenue vestimentaire reste attendue dans les souks comme sur la corniche.