Marstrand Marstrandson-Koon Island Sweden
Sweden

1 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Une forteresse ronde coiffe l'île comme un heaume de granit. On la voit de loin, bien avant de distinguer les maisons blanches et les pontons du havre de plaisance : Carlsten annonce Marstrand, et Marstrand ne se raconte pas sans elle. Cette île sans voitures du Bohuslän, au nord-ouest de Göteborg, fut tour à tour place forte convoitée, capitale du hareng et station balnéaire royale. Il lui en reste un mélange rare de panache militaire et de légèreté estivale.

Monter à Carlsten

Depuis les quais, dix à quinze minutes de montée par les ruelles suffisent pour atteindre la forteresse, dressée au XVIIe siècle après que la région, longtemps norvégienne puis danoise, fut passée à la Suède. Derrière ses murailles épaisses s'étagent casemates, cours pavées, tour ronde et chemins de ronde d'où le regard file sur tout l'archipel : un semis d'îlots gris-rose jusqu'à l'horizon. Les visites guidées font revivre la garnison et le plus célèbre pensionnaire des cachots, Lasse-Maja, voleur travesti devenu héros populaire, sorte de Robin des Bois suédois dont les frasques amusent encore le pays. Des expositions retracent aussi le quotidien des soldats et des forçats qui bâtirent les murailles, pierre après pierre. Prévoir de bonnes chaussures : pavés et escaliers se méritent.

Ruelles pastel et vie de quai

En redescendant, l'île déploie son village : maisons de bois des XVIIIe et XIXe siècles aux teintes pastel, jardinets débordant de roses trémières, placettes où sèchent les annonces de régates. L'église de pierre, sobre, rappelle les origines médiévales de la cité, fondée au XIIIe siècle sous la couronne norvégienne et enrichie par des pêches au hareng si abondantes qu'elles attiraient les marchands de toute l'Europe. Aujourd'hui, le hareng se déguste plutôt en terrasse, mariné et servi avec pommes de terre nouvelles, pendant que les voiliers manœuvrent dans le chenal. Marstrand est l'une des capitales suédoises de la voile, et les grandes régates d'été y transforment le plan d'eau en ballet de spinnakers.

La parenthèse royale

À la fin du XIXe siècle, Marstrand devint la station de bains la plus courue de la côte ouest, sous le patronage du roi Oscar II, qui y revenait chaque été. De cette époque datent les kiosques, les grandes vérandas et le goût des promenades en toilette claire sur les quais. Il en reste une élégance discrète, perceptible dès que le soleil sort et que les pavillons montent aux mâts.

Une boucle côtière d'une heure

Un sentier boucle Marstrandsön en une heure environ, alternant passerelles, rochers lisses et criques où les habitants étendent leur serviette à même le granit. Côté large, le vent du Skagerrak décoiffe et les vagues frangent les écueils; côté chenal, tout redevient calme et les kayaks glissent entre les bouées. En route, l'ancienne batterie de Strandverket s'est reconvertie en musée d'art, avec expositions de photographie et de sculpture dans ses salles voûtées. Les baigneurs aguerris trouveront échelles et plongeoirs plantés directement dans le roc, tradition suédoise oblige. Comptez des pauses en route : les criques invitent à s'asseoir, et personne ne presse personne ici.

L'escale en bref

  • Les navires mouillent devant l'archipel et débarquent en canot; un traversier de quelques minutes relie aussi l'île voisine de Koön.
  • L'île se parcourt uniquement à pied : ni voitures, ni autobus, distances minimes.
  • Haute saison de la mi-juin à la mi-août : terrasses combles et ambiance de régate garanties.

Au moment du départ, la forteresse s'attarde dans le champ de vision, sévère au-dessus des façades claires. L'escale aura révélé deux visages en une seule journée : la Suède des canons et des traités, la Suède des étés à quai, crème glacée à la main. Les archipels ont ce talent : condenser l'histoire d'un pays sur quelques hectares de granit.