Des portes de bois sombre, sculptées de rinceaux et cloutées de pointes de laiton, jalonnent chaque ruelle comme autant d'œuvres d'art. À Zanzibar, on lit l'histoire d'une maison sur sa porte : motifs indiens, versets calligraphiés, chaînes symboliques héritées des marchands omanais. Stone Town, cœur ancien de la ville et joyau classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, se donne ainsi dès les premiers pas, à quelques minutes seulement du quai.

Débarquer aux portes du labyrinthe

Les navires accostent au port de Malindi, en bordure immédiate de la vieille ville; les plus grands mouillent parfois au large et débarquent leurs passagers en annexe. Dans tous les cas, l'entrée de Stone Town se rejoint à pied en cinq à quinze minutes. Mieux vaut y renoncer d'emblée à tout itinéraire précis : les venelles se ressemblent, se croisent et se referment, et c'est en se perdant qu'on trouve l'essentiel. Balcons ouvragés, écoliers en uniforme, vendeurs de café épicé et parfums de cardamome composent le décor mouvant de cette cité swahilie où se sont mêlés, pendant des siècles, l'Afrique, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Du vieux fort à la mémoire des esclaves

Face à la mer, le vieux fort du XVIIe siècle et la haute silhouette blanche de la Maison des merveilles encadrent les jardins Forodhani, où les habitants se retrouvent le soir autour des grils de fruits de mer. Quelques rues plus loin, la cathédrale anglicane s'élève sur l'emplacement même de l'ancien marché aux esclaves; son autel marque, dit-on, la place du poteau des ventes, et le mémorial aux figures enchaînées, dans la cour, saisit chaque visiteur. Ce passé douloureux fait partie du récit de l'île, et les guides locaux le transmettent avec une gravité digne. L'ambiance redevient légère au marché Darajani, débordant de poissons, de bananes et de montagnes d'épices, ou devant la modeste maison natale de Freddie Mercury, enfant de Zanzibar devenu voix planétaire.

L'île aux épices porte bien son nom

À quelques kilomètres du centre, les plantations ouvrent leurs sentiers aux visites guidées. On y froisse des feuilles de cannelier, on gratte une racine de curcuma, on apprend à repérer la vanille grimpante et le poivre en grappes; le girofle, surtout, a fait la fortune des sultans et embaume encore les séchoirs, au point que l'île entière fut longtemps l'un des premiers exportateurs du monde pour cette seule épice. Ces tours d'une demi-journée comptent parmi les sorties les plus instructives de l'océan Indien, et les sacs d'épices achetés sur place prolongeront l'escale dans vos cuisines pendant des mois.

Les tortues de Prison Island

Depuis la plage de Stone Town, une trentaine de minutes de bateau suffisent pour aborder l'île Changuu, dite Prison Island. L'ancien bâtiment de quarantaine y sert de toile de fond à une colonie de tortues géantes d'Aldabra, dont certaines dépassent le siècle; on les observe de près, étirant leur long cou sous les frangipaniers. Les eaux claires qui entourent l'îlot se prêtent à une baignade ou à quelques brasses au-dessus des coraux avant le retour.

Repères pour l'escale

SiteDistance du quaiAccès
Stone TownMoins de 1 kmÀ pied
Plantations d'épicesEnviron 15 kmExcursion ou taxi
Île ChanguuEnviron 30 min de merBateau

Quand le soleil descend, les boutres aux voiles triangulaires glissent devant le front de mer, exactement comme sur les gravures des explorateurs. Les grils de Forodhani s'allument, l'appel du muezzin se mêle aux rires des baigneurs, et l'on comprend pourquoi tant de voyageurs gardent de cette escale un attachement particulier. Zanzibar ne se contente pas de se laisser regarder : elle s'installe durablement dans la mémoire, avec son parfum de girofle et ses portes sculptées.

Questions fréquentes

Au port de Malindi, en bordure immédiate de la vieille ville. Les plus grands navires mouillent parfois au large et débarquent leurs passagers en annexe. Dans tous les cas, l’entrée de Stone Town se rejoint à pied en cinq à quinze minutes.
Le cœur ancien de la ville de Zanzibar, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO : une cité swahilie où se sont mêlés pendant des siècles l’Afrique, l’Arabie, la Perse et l’Inde. Balcons ouvragés, écoliers en uniforme, vendeurs de café épicé et parfums de cardamome en composent le décor mouvant.
Parce qu’on y lit l’histoire d’une maison. Ces portes de bois sombre, sculptées de rinceaux et cloutées de pointes de laiton, portent des motifs indiens, des versets calligraphiés et des chaînes symboliques héritées des marchands omanais. Chaque ruelle en aligne plusieurs.
Mieux vaut y renoncer. Les venelles se ressemblent, se croisent et se referment : c’est en se perdant qu’on trouve l’essentiel. Le quartier est compact et l’on revient toujours au front de mer, ce qui limite le risque de s’égarer vraiment.
Le vieux fort du 17e siècle et la haute silhouette blanche de la Maison des merveilles, qui encadrent les jardins Forodhani. Le soir, les habitants s’y retrouvent autour des grils de fruits de mer, et les boutres aux voiles triangulaires glissent devant la ville comme sur les gravures des explorateurs.
Elle s’élève sur l’emplacement même de l’ancien marché aux esclaves. Son autel marque, dit-on, la place du poteau des ventes, et le mémorial aux figures enchaînées, dans la cour, saisit chaque visiteur. Les guides locaux transmettent ce passé douloureux avec une gravité digne.
On froisse des feuilles de cannelier, on gratte une racine de curcuma, on apprend à repérer la vanille grimpante et le poivre en grappes. Le girofle, surtout, a fait la fortune des sultans et embaume encore les séchoirs — l’île fut longtemps l’un des premiers exportateurs du monde pour cette seule épice. Compter une demi-journée, à une quinzaine de kilomètres du centre.
Oui. L’île Changuu, dite Prison Island, se rejoint en une trentaine de minutes de bateau depuis la plage de Stone Town. L’ancien bâtiment de quarantaine sert de toile de fond à une colonie de tortues géantes d’Aldabra, dont certaines dépassent le siècle. Les eaux claires autour de l’îlot se prêtent à la baignade et à l’apnée.
Stone Town à pied suffit à remplir la demi-journée : les portes sculptées, le vieux fort, la Maison des merveilles, la cathédrale anglicane, le marché Darajani et la maison natale de Freddie Mercury, enfant de Zanzibar. Les plantations d’épices ou Prison Island demandent de sacrifier la vieille ville.
Des épices achetées dans les plantations ou au marché Darajani : girofle, cannelle, curcuma, vanille, poivre. Elles prolongent l’escale dans la cuisine pendant des mois, et c’est le souvenir le plus fidèle à ce que l’île est réellement.