Isle of Eriskay Scotland
United Kingdom

Dans la nuit du 5 février 1941, un cargo nommé SS Politician s'échoua sur les rochers au nord d'Eriskay avec, dans ses cales, des dizaines de milliers de caisses de whisky. Les insulaires, privés de leur boisson nationale par le rationnement de guerre, organisèrent des expéditions nocturnes vers l'épave et cachèrent les bouteilles dans la tourbe. L'épisode fit le tour du monde grâce au roman Whisky Galore, puis au cinéma. Voilà l'esprit d'Eriskay : une toute petite terre des Hébrides extérieures, entre Barra et South Uist, où chaque rocher semble porter une anecdote.

Arriver par la mer

Les navires d'expédition mouillent au large et débarquent leurs passagers en zodiac, généralement du côté d'Acarsaid Mhor, le « grand havre » naturel de la côte est, dont le quai a été modernisé en 2009. De là, une route à voie unique mène en une vingtaine de minutes de marche vers le village principal, éparpillé sur les pentes. Eriskay se parcourt entièrement à pied : environ quatre kilomètres sur deux et demi, des collines rocheuses, des maisons basses tournées vers la mer et des moutons en liberté sur les chemins.

La plage d'un prince

Sur la côte ouest s'étire une plage de sable clair baignée d'une eau turquoise qui surprend sous ces latitudes. On l'appelle Coilleag a' Phrionnsa, la « dune du Prince ». C'est ici que Charles Édouard Stuart, le Bonnie Prince Charlie, posa le pied sur le sol écossais pour la première fois, le 23 juillet 1745, débarqué du navire français Du Teillay. Quelques mois plus tard, le soulèvement jacobite embrasait le pays. Aujourd'hui, la plage n'accueille plus que les huîtriers-pies et quelques promeneurs, et il faut un effort d'imagination pour y superposer le début d'une guerre. En été, le machair qui borde le sable se couvre de fleurs sauvages, trèfles, orchidées et renoncules mêlés, et leur parfum monte à chaque bourrasque. C'est l'un de ces paysages des Hébrides extérieures qui semblent avoir été dessinés pour la contemplation, alors qu'ils ont d'abord nourri des générations de familles de pêcheurs.

Une pinte au Politician

Le seul pub de l'endroit s'appelle évidemment Am Politician. On y sert des repas simples avec vue sur le détroit et on y conserve, exposées derrière le comptoir comme des reliques, quelques bouteilles repêchées de la fameuse épave. Les regarder est permis, les goûter non. Les conversations avec les habitués valent le détour : plusieurs familles descendent directement des « sauveteurs » de 1941 et racontent l'affaire avec un plaisir intact.

Poneys, chapelle et point de vue

En parcourant les collines, on croise souvent les poneys d'Eriskay, une race ancienne à la robe grise dont il ne reste que quelques centaines d'individus dans le monde. Ces petits chevaux robustes transportaient autrefois la tourbe et les algues et, dit-on, les bouteilles du Politician. Sur une butte au centre du village se dresse l'église St Michael, construite en 1903 grâce aux contributions des pêcheurs ; son autel repose sur une proue de bateau. Pour clore la balade, la colline de Ben Scrien, à 185 mètres, se gravit en une heure environ et dévoile tout l'archipel, de Barra jusqu'aux monts de South Uist, reliée à Eriskay par une chaussée depuis 2001.

Ce qui reste en mémoire

Une escale à Eriskay tient en peu de choses : une plage chargée d'histoire, un pub rempli de légendes, des poneys au bord du chemin et des habitants qui ont le sens du récit. C'est précisément cette économie de moyens qui touche. Pendant que le zodiac ramène les passagers vers le navire, beaucoup se surprennent à repenser à ces pêcheurs de 1941 ramant dans le noir vers une cargaison inespérée. Certaines escales offrent des monuments ; celle-ci offre une histoire à raconter, et c'est souvent ce qui voyage le plus loin. Il suffira d'un verre de scotch, des années plus tard, pour que tout remonte d'un coup : la dune du Prince, les poneys gris et ce pub où dorment des bouteilles qu'on ne boira jamais.

Questions fréquentes

Les navires d'expédition mouillent au large et débarquent leurs passagers en zodiac, généralement du côté d'Acarsaid Mhor, le « grand havre » naturel de la côte est, dont le quai a été modernisé en 2009. De là, une route à voie unique mène en une vingtaine de minutes de marche vers le village principal.
Oui, entièrement : l'île mesure environ quatre kilomètres sur deux et demi. Des collines rocheuses, des maisons basses tournées vers la mer et des moutons en liberté sur les chemins — il n'y a ni transport en commun ni taxi.
La plage de Coilleag a' Phrionnsa sur la côte ouest, une pinte au pub Am Politician et une marche jusqu'au village suffisent à remplir l'escale. Tout se fait à pied et rien n'est loin, mais les distances se parcourent au rythme des côtes.
Dans la nuit du 5 février 1941, ce cargo s'échoua sur les rochers au nord de l'île avec, dans ses cales, des dizaines de milliers de caisses de whisky. Les insulaires, privés de leur boisson nationale par le rationnement de guerre, organisèrent des expéditions nocturnes vers l'épave et cachèrent les bouteilles dans la tourbe. L'épisode a inspiré le roman et le film Whisky Galore.
Oui, quelques-unes sont exposées derrière le comptoir du pub Am Politician, repêchées de l'épave et conservées comme des reliques. Les regarder est permis, les goûter non. Plusieurs familles du coin descendent directement des « sauveteurs » de 1941 et racontent l'affaire avec un plaisir intact.
Une plage de sable clair baignée d'une eau turquoise surprenante sous ces latitudes, sur la côte ouest. C'est ici que Charles Édouard Stuart, le Bonnie Prince Charlie, posa le pied sur le sol écossais pour la première fois, le 23 juillet 1745, débarqué du navire français Du Teillay.
L'eau est splendide à regarder mais froide toute l'année : la baignade reste réservée aux plus téméraires, même en août. La plage se prête mieux à la marche, surtout en été quand le machair qui la borde se couvre de trèfles, d'orchidées et de renoncules.
Oui, pour des familles qui aiment marcher et écouter des histoires. La plage du Prince, les poneys d'Eriskay et l'histoire du whisky échoué captent bien l'attention des enfants. Il n'y a en revanche ni attraction ni programme organisé.
Très peu : un pub, une petite boutique, et c'est à peu près tout. Prévoyez de l'eau et de quoi grignoter depuis le navire, ainsi qu'un peu de comptant. Le village s'éparpille sur les pentes plutôt qu'il ne se rassemble.
Le gaélique reste bien vivant dans les Hébrides extérieures, mais tout le monde parle anglais. La monnaie est la livre sterling. La meilleure période va de la fin mai à août, quand le machair fleurit; le débarquement en zodiac dépend toujours de l'état de la mer.