Safari en Afrique selon son budget

Un lion qui traverse la piste à quatre mètres du capot au lever du soleil. Un troupeau d’éléphants qui franchit une rivière à gué au crépuscule. Un léopard qui descend d’un acacia avec son repas dans la gueule, parfaitement indifférent à votre présence. Ces images-là ne s’effacent pas comme les autres souvenirs de voyage.

Le safari traîne une réputation de voyage réservé aux fortunés. Elle n’est pas fausse en haut de gamme, mais elle masque l’essentiel : les animaux ne savent pas combien vous avez payé. La qualité des observations dépend du parc et de la saison, pas du prix de la chambre. Ce que le budget achète, c’est autre chose — et c’est cela qu’il faut comprendre avant de choisir.

Qu’achète-t-on exactement en montant en gamme ?

Trois choses, dans cet ordre.

L’exclusivité. Dans un parc public, une belle observation attire une dizaine de véhicules. Dans une concession privée, il y en a deux, parfois un seul. Personne ne vous double, personne ne se met dans votre axe photo.

La liberté du guide. Les parcs nationaux imposent de rester sur les pistes et de rentrer avant la nuit. Les concessions privées autorisent le hors-piste, les sorties nocturnes au projecteur et la marche accompagnée. Or le léopard chasse la nuit, et c’est là que se voient les félins.

Le temps. Le haut de gamme se rejoint souvent en avion léger, ce qui économise deux longues journées de route sur un itinéraire.

Ce que le budget n’achète pas : la présence des animaux. Le Kruger et le Serengeti public offrent des observations que les lodges les plus chers du continent ne peuvent pas garantir mieux.

Le palier accessible : Kruger, Etosha, Amboseli

Le Kruger, en Afrique du Sud, est le safari le plus abordable du continent pour une raison structurelle : on peut y entrer avec une voiture de location ordinaire et rouler soi-même sur des routes goudronnées, en dormant dans les camps du parc. Aucun autre grand parc africain ne permet cela aussi facilement. On y voit les cinq grands, on gère son propre rythme, et on n’a besoin de personne.

Etosha, en Namibie, fonctionne autrement et c’est son intérêt : au lieu de chercher les animaux, on s’assoit devant un point d’eau et on les laisse venir. Certains camps ont un point d’eau éclairé toute la nuit, en bordure de terrasse. Rhinocéros noirs, éléphants, lions y défilent pendant qu’on reste assis. Autre argument, décisif pour les familles : une bonne partie de la Namibie présente un risque de paludisme faible à nul selon les régions et les saisons, ce qui simplifie la préparation médicale.

Amboseli, au Kenya, tient sur une seule image : des éléphants au premier plan et le Kilimandjaro derrière. C’est un petit parc, on en fait le tour en deux jours, et il se combine bien avec le Masai Mara.

Le palier intermédiaire : Serengeti, Masai Mara, Chobe

C’est le territoire de la Grande Migration. Deux malentendus courants méritent d’être levés.

D’abord, la migration n’est pas un événement mais une boucle permanente : près de deux millions de gnous et de zèbres tournent toute l’année entre le Serengeti et le Masai Mara. Il n’y a donc pas de mauvaise saison, seulement des endroits différents. La mise bas se concentre dans le sud du Serengeti en début d’année, ce qui en fait la meilleure période pour les prédateurs.

Ensuite, les fameuses traversées de la rivière Mara, entre l’été et le début de l’automne, sont imprévisibles. Les troupeaux peuvent attendre trois jours au bord de l’eau puis traverser en dix minutes, ou renoncer. Toute agence qui vous garantit une traversée à une date précise vous vend quelque chose qu’elle ne contrôle pas.

Chobe, au Botswana, se distingue par une chose que les autres parcs n’ont pas : le safari s’y fait aussi en bateau, sur la rivière, au niveau de l’eau. En fin de saison sèche, les concentrations d’éléphants sur les berges comptent parmi les plus fortes d’Afrique.

Le palier haut de gamme : Okavango et les concessions privées

Le delta de l’Okavango est un cas unique au monde, et son fonctionnement surprend tout le monde. Le delta est à son plus haut pendant la saison sèche locale. L’eau ne vient pas du ciel botswanais mais des pluies des hauts plateaux angolais, et elle met des mois à parcourir le système : la crue entre au nord entre mars et mai, puis progresse si lentement sur une pente presque nulle que la plupart des zones du delta atteignent leur maximum entre mai et août.

C’est pour cela qu’on y navigue en mokoro, la pirogue traditionnelle, au moment où le reste de l’Afrique australe est desséché — et c’est pour cela que la faune s’y concentre.

Que dit l’avis officiel aux voyageurs ?

Le gouvernement du Canada place l’Afrique du Sud, la Namibie, le Botswana, le Kenya et la Tanzanie à « faire preuve d’une grande prudence », principalement en raison de la criminalité. Ce n’est pas un avertissement contre le voyage : c’est le niveau intermédiaire, le même qui s’applique à plusieurs destinations européennes.

Deux précisions valent la peine. Au Kenya, les zones à « éviter tout voyage » se trouvent aux frontières somalienne, sud-soudanaise et éthiopienne, ainsi que sur une portion du littoral — aucune ne touche le Masai Mara ni Amboseli. En Tanzanie, la restriction concerne la frontière mozambicaine, à l’autre bout du pays par rapport au Serengeti et au Ngorongoro.

Vérifiez l’avis à jour sur voyage.gc.ca avant le départ : ces niveaux bougent.

Quand partir ?

La saison sèche est la règle générale, parce que la végétation se clairsème et que les animaux se rassemblent autour des points d’eau restants. En Afrique australe, elle court grossièrement de mai à octobre; en Afrique de l’Est, elle se scinde en deux, avec une longue saison des pluies au printemps et une courte à l’automne.

La saison verte a pourtant ses partisans : ciels spectaculaires, oiseaux migrateurs, nouveau-nés partout, et beaucoup moins de véhicules. Le compromis se joue là.

Ce qu’il faut préparer

Le certificat de fièvre jaune, la prophylaxie antipaludique et les limites de bagage des avions légers sont détaillés dans notre guide du safari au Kenya et en Tanzanie, qui traite aussi du choix des parcs pour un premier voyage en Afrique de l’Est. La présente page répond à une autre question : ce que le budget change, d’un palier à l’autre.

Y aller depuis le Québec

Aucun vol direct de Montréal vers l’Afrique australe ou orientale. On passe par l’Europe, Addis-Abeba, Doha ou Istanbul, pour une bonne vingtaine d’heures de porte à porte. Les correspondances internes vers les pistes d’atterrissage des camps se calent au moment de la réservation, pas après.

Voyages AquaTerra est titulaire d’un permis du Québec. Nos clients bénéficient de la protection du Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages, selon les conditions prévues au règlement. Pour situer votre projet dans le bon palier, joignez un conseiller au 1-866-628-6241.

Questions fréquentes

Le parc Kruger, en Afrique du Sud. C’est le seul grand parc africain où l’on entre avec une voiture de location ordinaire, sur des routes goudronnées, en dormant dans les camps du parc. On y voit les cinq grands sans guide privé.
Non. C’est une boucle permanente entre le Serengeti et le Masai Mara. La mise bas se concentre dans le sud du Serengeti en début d’année, et les traversées de la rivière Mara se produisent de l’été au début de l’automne, mais sans date fixe : elles restent imprévisibles.
Non, et il faut se méfier de qui le promet. Les troupeaux peuvent attendre plusieurs jours au bord de l’eau, traverser en dix minutes ou renoncer. Rester plusieurs nuits sur place augmente les chances, rien de plus.
Cela dépend du parc et de la saison. Certaines régions de Namibie, dont Etosha selon la période, présentent un risque faible à nul. La question se règle en clinique de voyage, plusieurs mois avant le départ.
Le certificat est exigé pour entrer au Kenya et en Tanzanie, et à l’arrivée dans plusieurs pays si vous transitez par une zone à risque. Faites-le vérifier au moment de la réservation, pas la veille du départ.
Les cinq grandes destinations safari — Afrique du Sud, Namibie, Botswana, Kenya, Tanzanie — sont à « faire preuve d’une grande prudence », le niveau intermédiaire, en raison de la criminalité. Les zones à « éviter tout voyage » du Kenya et de la Tanzanie sont frontalières et ne touchent aucun des grands parcs.
Parce que son eau vient des pluies des hauts plateaux angolais, pas du ciel local. La crue entre au nord entre mars et mai, puis progresse si lentement que la plupart du delta atteint son maximum entre mai et août, en pleine saison sèche botswanaise.