Voyage en Jordanie depuis le Québec
Un pays de la taille de l’Autriche où l’on passe d’une cité taillée dans le grès rose à un désert de montagnes rouges, puis au point le plus bas de la surface terrestre, en trois jours de route. La Jordanie est une des grandes destinations culturelles du monde. Elle arrive aussi avec un avis aux voyageurs qu’il faut lire avant de réserver, et c’est par là qu’on commence.
Que dit l’avis officiel aux voyageurs ?
Le gouvernement du Canada classe la Jordanie à « évitez tout voyage non essentiel », le troisième des quatre niveaux, en raison de la situation régionale. Cet avis vise l’ensemble du pays, Pétra et le Wadi Rum compris.
Trois zones portent le niveau maximal, « évitez tout voyage » : la bande de cinq kilomètres le long des frontières irakienne et syrienne, à l’exception du site touristique d’Umm Qais; le nord-est du pays à l’est de la ville de Ruwaished, y compris la route 10 vers l’Irak; et leurs abords immédiats. Aucun itinéraire touristique classique ne passe par là.
Un avis de niveau trois ne veut pas dire que le pays est fermé, ni que les voyagistes canadiens ont cessé d’y opérer. Il veut dire que le gouvernement recommande de ne s’y rendre que pour un motif nécessaire, et qu’il faut prendre cette recommandation au sérieux plutôt que la contourner.
Vérifiez l’avis en vigueur sur voyage.gc.ca avant de réserver : ces niveaux changent, parfois en quelques jours.
Ce que cet avis change pour votre assurance
C’est le point que presque personne n’écrit, et c’est le plus important.
Le moment compte. Si un avis « évitez tout voyage non essentiel » est émis après votre réservation et l’achat de votre police, la plupart des assureurs maintiennent la couverture et plusieurs permettent d’annuler. Mais si l’avis existait déjà au moment de l’achat — c’est le cas de la Jordanie aujourd’hui — les réclamations liées au motif de cet avis peuvent être refusées en tout ou en partie.
Concrètement : un incident lié à la situation régionale pourrait ne pas être couvert, ni en frais médicaux, ni en annulation. Ce n’est pas automatique et cela dépend entièrement du libellé de votre police.
Alors la marche à suivre est simple. Lisez les exclusions de votre contrat avant de payer, pas après. Demandez à votre assureur par écrit ce qui se passe pour une destination déjà sous avis. Et parlez-en à votre conseiller avant de réserver — c’est exactement le genre de vérification pour laquelle il existe. Notre article sur les ambassades et l’assurance voyage détaille le mécanisme.
Pétra, et ce que 90 % des visiteurs manquent
On y entre par le Siq, une faille tectonique d’un kilomètre et demi dans le massif de grès, dont les parois montent jusqu’à quatre-vingts mètres et se resserrent parfois à deux mètres. Les Nabatéens l’ont aménagée : un canal d’irrigation court encore le long de la paroi gauche, et des niches votives sont creusées dans le roc à intervalles réguliers.
Puis le Trésor apparaît. Pas progressivement — d’un coup, une façade de quarante mètres cadrée dans une fente de quarante centimètres. Les colonnes corinthiennes et les ornements hellénistiques paraissent absurdes dans ce désert, et c’est précisément la démonstration : les Nabatéens maîtrisaient tous les vocabulaires architecturaux de leur époque.
Deux conseils valent le reste du guide. Entrez à l’ouverture, vers six heures : le Siq est presque vide et la lumière de l’aube rend le grès rose-orangé. La foule arrive entre neuf et onze heures, et c’est alors un autre endroit.
Et surtout, ne rebroussez pas chemin au Trésor. C’est ce que fait la grande majorité des visiteurs. Pétra s’étend sur vingt-six kilomètres carrés : la rue à colonnes, l’amphithéâtre romain, le Qasr al-Bint, les tombeaux royaux, et le Monastère au bout de huit cent cinquante marches. Deux journées complètes ne sont pas de trop.
Le Wadi Rum
Des formations de grès de trois cents à mille sept cents mètres surgissent d’un désert de sable rouge. Ce ne sont pas les dunes fluides du Sahara mais un paysage géologique dur, celui que David Lean a filmé pour Lawrence d’Arabie et que Lawrence lui-même avait décrit dans Les Sept Piliers de la sagesse après y avoir passé des semaines avec les tribus Howeitat.
La nuit y est l’autre raison de venir. Loin de toute pollution lumineuse, la Voie lactée se voit à l’œil nu hors des périodes de pleine lune. Les camps bédouins vont de la tente traditionnelle avec salle de bain aux structures à paroi transparente conçues pour regarder le ciel depuis le lit. Le repas est le zarb, viande et légumes cuits dans un four creusé dans le sable.
On circule en 4x4 avec un guide bédouin, qui nomme les formations par leurs noms traditionnels, ou à dos de chameau entre les principales. Les parois de grès comptent parmi les meilleures zones d’escalade du Moyen-Orient, avec des voies accessibles aux débutants encadrés.
La mer Morte
Ce n’est pas une mer mais un lac sans exutoire, à quatre cent trente mètres sous le niveau de l’océan. Sa salinité avoisine trente-trois pour cent, dix fois celle de la Méditerranée : aucune vie aquatique n’y subsiste, et un corps humain y flotte sans le moindre effort.
Quatre règles, et elles ne sont pas décoratives. On ne nage pas, on flotte — c’est physiquement impossible autrement. On n’éclabousse pas : l’eau dans les yeux brûle violemment. On ne se rase pas avant la baignade. Et on se rince immédiatement en sortant.
Un mot sur le temps qui manque : le niveau baisse d’environ un mètre par an depuis les années 1970, à cause des prélèvements sur le Jourdain, et le lac a perdu près du tiers de sa superficie depuis 1960. Des dolines s’ouvrent sur les berges autrefois immergées. Le paysage que vous verrez ne sera pas celui de la prochaine génération.
Amman
La capitale se tient sur ses collines, avec la Citadelle qui domine tout — temple d’Hercule, palais omeyyade, et en contrebas le théâtre romain toujours en usage. Le quartier de Rainbow Street concentre la vie du soir et une cuisine qu’on sous-estime : le mansaf, plat national d’agneau au yogourt fermenté, le knafeh de Naplouse, et des tables de mezze qui n’en finissent plus.
Quand partir ?
Mars à mai et septembre à novembre. L’été est écrasant : dans le Wadi Rum les températures dépassent régulièrement quarante degrés en journée, ce qui réduit les activités aux premières heures du matin. L’hiver est frais et pluvieux à Amman, doux à la mer Morte, et peut surprendre par le froid nocturne dans le désert.
Le pratique
Le Jordan Pass est l’outil à connaître. Acheté en ligne avant le départ, il regroupe l’entrée à Pétra et l’accès à une quarantaine de sites archéologiques, et il exonère des frais de visa touristique à condition de séjourner au moins deux nuits complètes dans le pays. Il reste valide trois mois à partir de l’achat, mais expire un mois après la première lecture sur un site — donc on l’achète en fonction des dates réelles, pas des mois à l’avance.
Côté santé, aucun paludisme en Jordanie. Les vaccins usuels du voyageur se discutent en clinique de voyage quatre à six semaines avant le départ. L’eau du robinet n’est pas potable. La monnaie est le dinar jordanien, qui ne s’achète généralement pas au Canada.
Y aller depuis le Québec
Aucun vol direct depuis Montréal. On passe par une plaque européenne, par Istanbul ou par un transporteur du Golfe, pour une journée complète de voyage. Le pays se traverse aisément en voiture ou avec chauffeur, les distances étant courtes entre Amman, la mer Morte, Pétra et le Wadi Rum.
Voyages AquaTerra est titulaire d’un permis du Québec. Nos clients bénéficient de la protection du Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages, selon les conditions prévues au règlement, détaillées sur opc.gouv.qc.ca. Avant de réserver une destination sous avis, parlez à un conseiller au 1-866-628-6241 : il vérifiera l’avis en vigueur à la date de départ et les exclusions de votre police.


