Aswan Egypt

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Les felouques glissent sans bruit entre les rochers noirs de la première cataracte, leurs voiles blanches penchées sur une eau qui prend, au couchant, des reflets de cuivre. Assouan marque la frontière ancienne entre l'Égypte des pharaons et la Nubie, et quelque chose de cette rencontre flotte encore dans l'air : la lumière y est plus dorée, le rythme plus lent, les couleurs des maisons plus franches. La plupart des navires de croisière sur le Nil s'amarrent le long de la corniche, en plein cœur d'Assouan.

Philae, le temple sauvé des eaux

À quelques kilomètres au sud, le temple d'Isis se dresse sur l'île d'Agilkia, où il fut transporté pierre par pierre lors d'un sauvetage international mené sous l'égide de l'UNESCO, quand la montée des eaux menaçait son île d'origine. On y accède en bateau à moteur depuis l'embarcadère de Chellal : pylônes couverts de reliefs, colonnades au bord de l'eau et kiosque de Trajan composent l'un des ensembles les plus gracieux d'Égypte. Tôt le matin, avant la chaleur, le site appartient presque aux oiseaux.

Éléphantine et les villages nubiens

Face à la corniche, l'île Éléphantine se rejoint en quelques minutes de traversée. À sa pointe sud, les vestiges du temple de Khnoum et un nilomètre antique rappellent que l'île surveillait jadis les crues du fleuve; au nord, les villages nubiens de Siou et de Koti alignent leurs maisons peintes de bleu, d'ocre et de motifs géométriques. On circule à pied dans les ruelles sablonneuses, entre chèvres, bougainvilliers et enfants qui saluent. Un thé à la menthe sur une terrasse face au Nil complète la traversée.

La ville, ses souks et son obélisque

Le souk étire ses étals d'épices, d'hibiscus séché, de paniers et d'étoffes sur plusieurs rues parallèles à la corniche : le marchandage s'y pratique avec le sourire. Les carrières de granit, à la sortie sud, conservent quant à elles l'obélisque inachevé, un monolithe d'une quarantaine de mètres abandonné dans sa gangue de pierre après une fissure; nulle part ailleurs on ne comprend mieux le travail des tailleurs de l'Antiquité. Le musée de la Nubie, remarquablement présenté, relie tous ces fils en racontant la civilisation nubienne des origines à nos jours. Les excursions classiques y ajoutent souvent le haut barrage, achevé en 1970, qui retient le lac Nasser sur plus de 500 kilomètres.

Une felouque au couchant

Reste l'essentiel : une heure de voile sur le fleuve, autour des îlots de granit et des jardins de l'île Kitchener, plantée d'arbres venus de tout l'ancien empire britannique. Certains équipages accompagnent la manœuvre de chants nubiens, au rythme des tambours. Le vent fait le travail, le batelier tient la barre, et la rive défile lentement, minarets, dunes et palmiers mêlés. Devant l'ancien hôtel où Agatha Christie situa une partie de « Mort sur le Nil », on comprend pourquoi les voyageurs du XIXe siècle faisaient d'Assouan leur quartier d'hiver.

SiteAccès
Temple de PhilaeRoute puis bateau, environ 30 minutes
Île ÉléphantineTraversée en barque depuis la corniche
Souk et musée de la NubieEn ville, à pied ou en calèche
Obélisque inachevéÀ la sortie sud, court trajet

La nuit venue, les felouques rentrent une à une et les collines de la rive ouest s'éteignent en silhouettes violettes. Assouan ne cherche pas à impressionner comme Louxor; elle apprivoise. Ceux qui y ont vu le soleil se coucher sur le Nil gardent longtemps ce moment en réserve, comme une provision de calme à laquelle repenser les jours pressés.

Questions fréquentes

Le long de la corniche, en plein cœur d'Assouan. Le souk et le centre-ville sont accessibles à pied depuis les quais, et l'île Éléphantine se rejoint en quelques minutes de barque.
Le temple de Philae sur l'île d'Agilkia, l'île Éléphantine et ses villages nubiens, le souk, l'obélisque inachevé et le musée de la Nubie. Une heure de felouque au couchant complète la journée et reste, pour beaucoup, le souvenir le plus fort.
En voiture jusqu'à l'embarcadère de Chellal, puis en bateau à moteur : comptez environ trente minutes en tout. Le temple d'Isis a été transporté pierre par pierre sur l'île d'Agilkia lors d'un sauvetage international mené sous l'égide de l'UNESCO.
L'île face à la corniche, accessible en quelques minutes de traversée. À sa pointe sud, les vestiges du temple de Khnoum et un nilomètre antique rappellent qu'elle surveillait jadis les crues; au nord, les villages nubiens de Siou et de Koti alignent leurs maisons peintes de bleu, d'ocre et de motifs géométriques.
Oui, sur l'île Éléphantine. On circule à pied dans les ruelles sablonneuses, entre chèvres, bougainvilliers et enfants qui saluent. Un thé à la menthe sur une terrasse face au Nil complète la traversée.
Un monolithe d'une quarantaine de mètres abandonné dans sa gangue de pierre après une fissure, dans les carrières de granit à la sortie sud de la ville. Nulle part ailleurs on ne comprend mieux le travail des tailleurs de l'Antiquité.
Des étals d'épices, d'hibiscus séché, de paniers et d'étoffes sur plusieurs rues parallèles à la corniche. Le marchandage s'y pratique avec le sourire, et il fait partie de l'échange plutôt que de le compliquer.
C'est l'essentiel de l'escale pour beaucoup. Une heure de voile autour des îlots de granit et des jardins de l'île Kitchener, plantée d'arbres venus de tout l'ancien empire britannique. Certains équipages accompagnent la manœuvre de chants nubiens, au rythme des tambours.
Oui, les excursions classiques l'ajoutent souvent au programme. Achevé en 1970, il retient le lac Nasser sur plus de 500 kilomètres et a transformé la géographie de toute la Haute-Égypte.
Tôt le matin pour Philae, avant la chaleur, quand le site appartient presque aux oiseaux. Et la fin de journée pour la felouque, quand l'eau prend des reflets de cuivre et que les collines de la rive ouest s'éteignent en silhouettes violettes.