Le silence frappe en premier. Quand le navire d'expédition jette l'ancre dans le fjord de Borgarfjörður Eystri, sur la côte est de l'Islande, on n'entend plus que le vent, les cris des oiseaux de mer et le clapot contre les embarcations pneumatiques qui déposent les passagers à terre. Devant soi : Bakkagerði, un village d'une centaine d'habitants, éparpillé entre la grève et des montagnes de rhyolite dont les pentes se teintent de rose, d'orangé et de vert pâle selon la lumière. Peu d'escales islandaises donnent à ce point le sentiment d'arriver au bout du monde habité.

Hafnarhólmi, l'îlot aux oiseaux

La petite merveille du lieu se trouve près du port de pêche : l'îlot de Hafnarhólmi, relié à la terre et équipé de plateformes et d'escaliers de bois. Chaque été, environ dix mille couples de macareux moines viennent y creuser leurs terriers, accompagnés de fulmars et de mouettes tridactyles. De la mi-avril à la mi-août, l'observation s'y fait à quelques mètres à peine, sans déranger les oiseaux : on regarde les macareux atterrir maladroitement, se dandiner jusqu'à leur terrier, repartir pêcher au large. Nul besoin de téléobjectif géant ni de longue randonnée ; c'est l'un des sites d'observation les plus accessibles de tout le pays, et l'on s'y attarde bien plus longtemps que prévu.

Álfaborg, la colline de la reine des elfes

Entre le village et les montagnes s'élève une butte rocheuse au nom évocateur : Álfaborg, « la cité des elfes ». La tradition locale y situe la demeure de la reine du peuple caché, ces huldufólk qui peuplent les récits islandais depuis des siècles. Un sentier court, un quart d'heure de marche tout au plus, mène au sommet, où une table d'orientation embrasse les toits, le fjord et les sommets déchiquetés des Dyrfjöll, les « montagnes-portes ». Croire ou non aux elfes importe peu : là-haut, face à ce paysage sans arbres balayé par la lumière, on comprend pourquoi les habitants ont peuplé ces collines d'êtres invisibles.

Trésors discrets du hameau

Bakkagerði se parcourt en quelques minutes, et chaque détail compte. La maison Lindarbakki, avec ses murs de tourbe et sa façade rouge vif, figure parmi les dernières maisons de tourbe encore habitées d'Islande ; on la photographie avec discrétion, car des gens y vivent toujours. L'église conserve un retable peint par Jóhannes S. Kjarval, l'un des artistes les plus aimés du pays, qui grandit dans la région ; il y représente le Christ prêchant depuis Álfaborg, les montagnes locales en arrière-plan. Quelques maisons colorées, un café, un port minuscule où sèchent les filets : la vie d'ici tient en peu de choses, et c'est précisément ce que l'on vient voir.

Bien vivre cette escale d'expédition

  • Vêtements : superposition de couches coupe-vent et imperméables, même en plein été ; la météo change vite dans les fjords de l'Est.
  • Chaussures : bottes ou chaussures de marche pour les débarquements et les sentiers.
  • Photographie : les macareux se laissent approcher, mais on reste sur les plateformes et on respecte les consignes des guides.
  • Rythme : deux à trois heures suffisent pour l'îlot, la colline et le village, sans jamais se presser.

Lever l'ancre à regret

Les embarcations finissent par ramener les passagers vers le navire ; les macareux continuent leur va-et-vient entre mer et terriers, indifférents à notre départ. Bakkagerði retourne à son silence, à ses montagnes de couleurs et à ses histoires de peuple caché. Cette escale ne figure sur aucune liste des grands rendez-vous de croisière, et ceux qui y ont posé le pied s'en réjouissent presque : ils gardent pour eux le souvenir d'un village minuscule, quelque part entre les elfes et les oiseaux de mer, qui leur a montré le visage le plus secret de l'Islande.

Questions fréquentes

En embarcation pneumatique. Le navire d'expédition jette l'ancre dans le fjord de Borgarfjörður Eystri et les passagers sont déposés à terre par annexes : il n'y a pas de quai pour les navires de croisière. C'est une escale d'expédition, avec tout ce que cela suppose de dépendance à la météo.
Trois choses, toutes à distance de marche : l'îlot aux macareux de Hafnarhólmi, la colline d'Álfaborg et le hameau lui-même, une centaine d'habitants éparpillés entre la grève et des montagnes de rhyolite rose, orangée et vert pâle. Deux à trois heures suffisent pour l'ensemble sans se presser.
Oui, et c'est la raison première de l'escale. Près du port de pêche, l'îlot de Hafnarhólmi est relié à la terre et équipé de plateformes et d'escaliers de bois. Chaque été, environ dix mille couples de macareux moines y creusent leurs terriers, avec des fulmars et des mouettes tridactyles. L'observation se fait à quelques mètres, sans téléobjectif géant ni longue randonnée.
De la mi-avril à la mi-août. En dehors de cette fenêtre, les oiseaux sont repartis au large et l'îlot perd l'essentiel de son intérêt. C'est le seul élément du programme qui dépend vraiment du calendrier.
Une butte rocheuse dont le nom signifie « la cité des elfes ». La tradition locale y situe la demeure de la reine du peuple caché, les huldufólk des récits islandais. Un sentier court, un quart d'heure de marche tout au plus, mène au sommet, où une table d'orientation embrasse les toits, le fjord et les sommets déchiquetés des Dyrfjöll, les « montagnes-portes ».
Non, et il faut le savoir avant d'y arriver. Lindarbakki, avec ses murs de tourbe et sa façade rouge vif, compte parmi les dernières maisons de tourbe encore habitées d'Islande : des gens y vivent. On la photographie avec discrétion, depuis la rue, sans franchir la clôture.
Un retable peint par Jóhannes S. Kjarval, l'un des artistes les plus aimés d'Islande, qui a grandi dans la région. Il y représente le Christ prêchant depuis Álfaborg, avec les montagnes locales en arrière-plan. C'est une œuvre majeure dans une église de village minuscule.
Imperméable, même en plein été : la météo change vite dans les fjords de l'Est. Bottes ou chaussures de marche pour le débarquement en annexe et les sentiers. Sur l'îlot, on reste sur les plateformes et on suit les consignes des guides, même quand un macareux se pose à un mètre.
Très peu. Quelques maisons colorées, un café, un port minuscule où sèchent les filets — la vie d'ici tient en peu de choses, et c'est précisément ce que l'on vient voir. Ne comptez pas sur des boutiques, des guichets ni un choix de restaurants.
Presque, mais pas à ceux qui redoutent l'embarcation pneumatique. Une fois à terre, les distances sont courtes et le terrain praticable, la montée d'Álfaborg restant la seule vraie pente. En revanche, cette escale ne figure sur aucune liste des grands rendez-vous de croisière : qui cherche des monuments et des boutiques sera déçu.