La première grande suite de la série
L'American Melody est entre en service en 2021. Quatre-vingt-deux mètres,
91 cabines, 180 voyageurs, quarante-trois membres d'équipage, deux ascenseurs
dans un atrium vitre sur quatre étages. C'est la troisième coque d'une série
de riverboats que la compagnie construit au rythme d'une ou deux par an depuis
2018.
C'est aussi celle qui a introduit la grande suite de la classe, avec un
balcon de sept mètres et demi de long. Sur un fleuve, une terrasse de cette
dimension n'a pas d'équivalent : elle sert aux heures où le paysage compte, tôt
le matin et en fin de journée.
Le terrain
Deux cent cinquante-huit dates chez nous, sur le Mississippi supérieur et
inférieur, le Missouri et l'Illinois. Les parcours vont de Minneapolis à
Saint-Louis et de La Nouvelle-Orléans à Memphis, avec des traversées longues de
quinze à vingt-deux nuits pour qui veut descendre le fleuve d'un bout à
l'autre.
Une précision utile sur le Mississippi : le niveau du fleuve varie
énormément d'une année à l'autre, et la presse régionale documenté une
fréquence croissante d'inondations et d'étiages. Ce n'est pas un incident
isolé, c'est un risque structurel du produit fluvial américain.
Les navires voisins
L American Spirit est un petit navire côtier du Pacifique Nord-Ouest. L American Symphony, l American Serenade et l American Song
partagent la même coque de 82 mètres.
Une compagnie qui possède ses coques, et les construit
Sur les dix-huit navires vendus ici, dix-huit lui appartiennent. Aucun
affrètement. C'est une exception dans la croisière : la plupart des marques
fluviales européennes louent leurs coques à des armateurs tiers. Ici, la
compagnie est propriétaire, exploitante, et elle construit dix-sept de ces
dix-huit coques dans un chantier naval de la même famille, au Maryland.
Un mot sur le pavillon, parce que c'est mal compris. La loi américaine de
1886 sur le transport de passagers oblige les navires ÉTRANGERS à insérer une
escale étrangère entre deux ports américains. Un navire construit aux
États-Unis, immatriculé aux États-Unis et armé par un équipage américain en
est dispensé.
Autrement dit, la loi n'interdit rien à cette compagnie. Elle aurait le
droit de toucher un port étranger. Ses itinéraires restent intérieurs par
choix commercial, et ce choix lui donne un monopole de fait sur les rivières
américaines. C'est un avantage, pas une contrainte.
Ce que couvre le tarif, et où se trouve l'écart
Sont compris : la cabine, tous les repas, les pourboires d'équipage, une
nuit d'hôtel avant l'embarquement, le transfert de l'hôtel au navire et celui
du navire à l'aéroport au retour, au moins une excursion par escale, les taxes
portuaires et un accès Internet par satellite.
Les pourboires compris sont un avantage réel : plusieurs concurrents du
même marché les laissent à la charge du voyageur. Une réserve tout de même,
des sources tierces mises à jour récemment affirment encore le contraire.
Faites confirmer par écrit à la réservation.
Voici l'écart le plus fréquent entre ce qu'on lit et ce qu'on trouve. La
bière et le vin accompagnent le midi et le soir, et il y a un cocktail en fin
d'après-midi. Cela ne fait pas un bar ouvert en continu, et sur plusieurs
navires la soirée se termine tôt.
Le public réel, et l'accessibilité
Disons-le sans détour, parce que c'est un critère de choix. La compagnie
parle d'une clientèle du début de la soixantaine. Une recension
professionnelle écrit que la plupart des voyageurs avaient facilement
soixante-quinze ans et plus, beaucoup dans la quatre-vingtaine, et que presque
tous venaient des États-Unis. Il n'y a aucune installation, aucun programme et
aucune animation pour enfants.
Sur l'accessibilité, un fait qu'il faut connaître. En janvier 2024, la
compagnie à conclu un règlement avec le ministère de la Justice des États-Unis
au titre de la loi sur les personnes handicapées, portant sur les dix-sept
navires qu'elle exploitait alors. Six plaintes lui reprochaient l'absence de
navires accessibles en fauteuil roulant et de procédures d'embarquement
sécuritaires.
Elle s'est engagée à déposer un plan de mise à niveau dans les dix-huit
mois. Le délai expirait à l'été 2025 et aucun document public n'en donne la
suite. Elle annonce des cabines accessibles sans publier le moindre
inventaire : exigez une confirmation écrite, cabine par cabine.
Depuis le Québec
La compagnie écrit que vous pouvez laisser votre passeport à la maison.
Cette phrase s'adresse aux Américains. Un Canadien qui se rend à un port
d'embarquement américain entre aux États-Unis, presque toujours par avion : il
lui faut un passeport canadien valide. Le permis de conduire amélioré et la
carte NEXUS ne valent pas pour un vol.
Le vol n'est pas compris au tarif, mais la nuit d'hôtel avant
l'embarquement et les transferts le sont. Selon le port, comptez un vol direct
depuis Montréal ou une correspondance ; La Nouvelle-Orléans, Portland, Juneau
et Tacoma demandent toutes une correspondance.
Sur la protection, une précision utile. Rien n'établit que cette compagnie
détienne un permis d'agent de voyages au Québec, et son contrat prévoit le
droit maritime des États-Unis devant les tribunaux du Connecticut. Voyages
AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection du consommateur :
compte en fiducie et Fonds d'indemnisation s'appliquent des lors que la
réservation se fait ici.