Devenue le Compass Empress
Le River Empress a quitté cette flotte. La coque a été vendue hors du
groupe et porte aujourd'hui le nom de Compass Empress :
affrétée à une compagnie allemande, elle navigue sous pavillon néerlandais.
C'est le seul navire de cet ensemble à être sorti du groupe pour de bon.
La date de sortie de flotte n'est publiée nulle part. Ni communiqué, ni
mention au catalogue, ni annonce de vente. Le navire a simplement cesse de
figurer aux programmes, et il a fallu remonter la tracé de la coque par son
nouveau nom pour savoir ou elle était passée.
Le navire, tel qu'il était
Cent dix mètres, 66 cabines, 132 voyageurs, sorti du chantier Den Breejen,
à Hardinxveld-Giessendam, aux Pays-Bas. L'année de construction est donnée
2001 par une source et 2002 par une autre ; la refonte de 2020, elle, est
établie. Il travaillait le Rhin, le Main et le Danube, les trois axes
classiques de l'Europe fluviale.
Une refonte en 2020 puis une sortie de flotte quelques années plus tard :
c'est un cycle court pour un investissement de cette nature, et il illustre à
quel point la composition d'une flotte fluviale bouge vite. Une brochure
imprimée a deux ans de retard.
Ou naviguer maintenant
Le S.S. Antoinette est la grande unité rhénane de la marque. Le S.S. Beatrice couvre le Danube, le
Main et le Rhin. Le S.S. Maria Theresa ajoute le Main. Le S.S. Victoria travaille le Rhin et la
Moselle.
Louer un navire, posséder un navire
La compagnie fait les deux. Certaines coques lui appartiennent, d'autres
sont armées par un tiers qui les lui loue à la saison. Elle-même appartient
depuis 2004 à un grand groupe de voyagistes, en cours de cession à des fonds
d'investissement américains depuis juillet 2024.
Retenez la mécanique, elle revient sur presque toutes les pages de ce lot :
quand un navire sort du catalogue, il faut savoir s'il a été vendu, transféré à
une marque soeur, ou simplement rendu à son armateur. Les trois n'ont pas les
mêmes conséquences pour un voyageur qui cherche à le retrouver.
Ce que couvre le tarif, et où il s'arrête
Il couvre les pourboires du bord, ce qui évite le frais de service quotidien
porte au compte. Il couvre les boissons aux repas et les excursions de
l'itinéraire. Il couvre un accès Internet, dont personne ne garantit ni le
débit ni la continuité.
Il s'arrête à l'aérien, qui n'est pas compris. Il s'arrête aussi aux
pourboires des chauffeurs d'autocar à terre, qui ne sont pas compris non plus.
Le transfert aéroport n'est offert que si le vol a été réservé par la
compagnie ; sinon il se paie à part.
L'accessibilité, telle qu'elle se lit
La compagnie ne publie aucun inventaire de cabines aménagées. Sa déclaration
d'accessibilité ne concerne que son site web, pas ses navires. Il faut donc
poser chaque question une par une, avant de réserver et non après.
Les règles connues sont fermés : accompagnateur apte exige, fauteuil pliant
seul admis, scooter de mobilité refuse, débarquement possible sans
remboursement si l'équipage juge que la personne ne peut plus suivre. Des
barres d'appui équipent les salles de bain, ce qui ne rend pas ces salles de
bain accessibles pour autant.
Le cadre juridique, sans le contourner
Le transport relève d'une société suisse établie à Rheinfelden, et le for
désigne varie selon le document qu'on lit : le siège annonce et le tribunal
désigne ne concordent pas toujours. L'entité canadienne plaide en Ontario,
l'américaine en Californie.
Les délais sont courts et se perdent vite : un avis de blessure à donner
dans les six mois, une poursuite à déposer dans l'année, forclusion à trois
ans. Rien n'établit de permis québécois pour cette compagnie. Voyages AquaTerra
en détient un, avec compte en fiducie et Fonds d'indemnisation des clients des
agents de voyages, et quelqu un qui répond quand une correspondance saute la
veille du départ.