Un affrètement termine, pas une vente
Le Queen Isabel à porte le programme du Douro pour cette marque pendant
plusieurs saisons. Il ne le porte plus. La distinction à faire est celle-ci :
le navire n'a jamais appartenu à la compagnie qui le vendait. Il appartient à
un armateur portugais qui l'a affrété, puis qui a repris sa coque a la fin du
contrat. Elle figure toujours à sa flotte publiée.
C'est pour cette raison qu'aucune annonce n'a jamais été faite. Rien n'a
changé de main, aucun acte de vente n'existe, aucun communiqué n'avait lieu
d'être. Un contrat est arrivé à échéance, et le nom a disparu du catalogue
comme il y était entre. Écrire que ce navire a été vendu serait faux.
Le navire, et le fleuve qui l'a dessiné
Soixante-dix-neuf mètres, 59 cabines, 118 voyageurs, mis en service en 2013.
Le Douro compte cinq écluses, dont celle de Carrapatelo, l'une des plus
profondes d'Europe : la descente dans le sas prend une quinzaine de minutes
et vaut à elle seule le détour sur le pont. Ces écluses fixent la longueur
admissible, et toutes les coques du fleuve s'y conforment.
Un point que nous laissons ouvert : le chantier constructeur est donné aux
Pays-Bas par une base spécialisée et au Portugal par l'armateur lui-même. Nous
n'en publions aucun. Le programme du Douro, lui, est désormais porte par le
S.S. Sao Gabriel sous les couleurs de la marque.
Ou réserver le Douro et le sud de l'Europe
Le S.S. Sao Gabriel a repris ce fleuve. Le S.S. Bon Voyage travaille Bordeaux, le S.S. Catherine le Rhône et la
Saône, le S.S. La Venezia la lagune de Venise.
Louer un navire, posséder un navire
La compagnie fait les deux. Certaines coques lui appartiennent, d'autres
sont armées par un tiers qui les lui loue à la saison. Elle-même appartient
depuis 2004 à un grand groupe de voyagistes, en cours de cession à des fonds
d'investissement américains depuis juillet 2024.
Retenez la mécanique, elle revient sur presque toutes les pages de ce lot :
quand un navire sort du catalogue, il faut savoir s'il a été vendu, transféré à
une marque soeur, ou simplement rendu à son armateur. Les trois n'ont pas les
mêmes conséquences pour un voyageur qui cherche à le retrouver.
Ce que couvre le tarif, et où il s'arrête
Il couvre les pourboires du bord, ce qui évite le frais de service quotidien
porte au compte. Il couvre les boissons aux repas et les excursions de
l'itinéraire. Il couvre un accès Internet, dont personne ne garantit ni le
débit ni la continuité.
Il s'arrête à l'aérien, qui n'est pas compris. Il s'arrête aussi aux
pourboires des chauffeurs d'autocar à terre, qui ne sont pas compris non plus.
Le transfert aéroport n'est offert que si le vol a été réservé par la
compagnie ; sinon il se paie à part.
L'accessibilité, telle qu'elle se lit
La compagnie ne publie aucun inventaire de cabines aménagées. Sa déclaration
d'accessibilité ne concerne que son site web, pas ses navires. Il faut donc
poser chaque question une par une, avant de réserver et non après.
Les règles connues sont fermés : accompagnateur apte exige, fauteuil pliant
seul admis, scooter de mobilité refuse, débarquement possible sans
remboursement si l'équipage juge que la personne ne peut plus suivre. Des
barres d'appui équipent les salles de bain, ce qui ne rend pas ces salles de
bain accessibles pour autant.
Le cadre juridique, sans le contourner
Le transport relève d'une société suisse établie à Rheinfelden, et le for
désigne varie selon le document qu'on lit : le siège annonce et le tribunal
désigne ne concordent pas toujours. L'entité canadienne plaide en Ontario,
l'américaine en Californie.
Les délais sont courts et se perdent vite : un avis de blessure à donner
dans les six mois, une poursuite à déposer dans l'année, forclusion à trois
ans. Rien n'établit de permis québécois pour cette compagnie. Voyages AquaTerra
en détient un, avec compte en fiducie et Fonds d'indemnisation des clients des
agents de voyages, et quelqu un qui répond quand une correspondance saute la
veille du départ.