Un bâtiment de la marine britannique devenu yacht d'expédition
La coque de l'Aqua Blu a été lancée le 7 septembre 1967 au chantier
Brooke Marine, en Angleterre. Elle est entrée en service l'année
suivante sous le nom de HMS Beagle, bâtiment hydrographique de classe
Bulldog, avec quarante-cinq marins à bord. Sa tâche consistait à
mesurer le fond de la mer, de l'océan Indien aux Antilles et de
l'Écosse à l'Afrique du Sud. La Royal Navy l'a modernisé en 1990, puis
désarmé le 7 février 2002.
Vendu le mois suivant à une société de Poole, il est devenu le yacht
MY Titan. Aqua Expeditions l'a repris et confié en 2019 à
l'architecte naval néerlandais Cor D. Rover, qui en a fait un navire
d'expédition de soixante mètres pour trente voyageurs. Une coque
dessinée pour tenir la mer pendant des semaines de relevés se retrouve
donc à explorer le Triangle de corail, et cela se sent dans son
comportement.
Quinze suites, trente voyageurs
Le navire compte quinze suites réparties en trois catégories.
Chacune reçoit un lit très grand format ou deux lits simples, une salle
de bain privée avec douche à l'italienne et pomme de pluie, la
climatisation, un coffret et une cafetière. Les suites 301 et 302
communiquent, tout comme les 401 et 402, ce qui convient aux familles
et aux petits groupes.
À bord se trouvent un salon panoramique avec bar, une bibliothèque,
une salle de télévision, une salle à manger intérieure, une table en
plein air, un spa, un espace d'entraînement et un bain à remous sur le
pont. Des stabilisateurs à vitesse nulle limitent le roulis quand le
navire est à l'ancre.
Où il navigue
L'Aqua Blu reste en Indonésie orientale toute l'année. Son terrain
couvre Bali, Komodo, Florès, les îles aux Épices et Raja Ampat,
c'est-à-dire le cœur du Triangle de corail, la région du globe qui
abrite le plus grand nombre d'espèces de coraux durs. Les journées
mêlent la plongée, la marche sur des volcans actifs et la visite de
villages et de comptoirs anciens.
La plongée
Le navire porte une équipe de plongée et le matériel qui va avec, en
plus des kayaks et des planches à pagaie. Raja Ampat et Komodo se
plongent dans des courants soutenus, ce qui suppose une certification
en règle et des sorties récentes au carnet. Un plongeur qui n'a pas
plongé depuis longtemps a intérêt à prévoir une remise à niveau avant
le départ plutôt qu'à bord.
La table
La cuisine est confiée au chef Benjamin Cross, qui a bâti un
répertoire de plus de cent soixante recettes puisées dans l'histoire
des épices indonésiennes. Les régimes végétarien, végétalien, sans
gluten, sans produits laitiers et cachère sont pris en charge sur avis
préalable.
Ce qui se paie en plus
Les activités nautiques et l'équipement voyagent avec le navire.
Les boissons méritent une question précise au moment de réserver :
plusieurs voyageurs rapportent que certains alcools se facturent
séparément le soir. Le service aux suites n'est pas offert. Nous
obtenons la liste exacte des inclusions auprès du croisiériste pour
chaque départ, parce qu'elle change selon le programme.
Ce que nous n'avons pas pu établir
Les sources se contredisent sur deux points. L'effectif d'équipage
est annoncé tantôt à vingt-cinq, tantôt à trente. Le nombre de ponts
varie de quatre à cinq selon le document. L'accessibilité reste absente
de toute source publique : rien ne dit s'il existe un ascenseur ou une
suite adaptée. Sur un navire militaire de 1967, les escaliers sont raides et les seuils marqués. Un voyageur à mobilité réduite doit nous
en parler avant de réserver.
À qui ce navire convient
Il convient au voyageur qui plonge ou qui veut apprendre, qui aime
les petits effectifs et qui accepte de vivre au rythme de la mer et des
marées. Il conviendra moins à qui cherche des soirées animées, un choix
de restaurants ou la possibilité de descendre à terre dans une ville
tous les jours.
Pour comparer, voyez l'Aqua
Mekong, la page Aqua Expeditions,
ainsi que Ponant et
Silversea pour l'expédition dans la
même région.