Une coque affrétée, rendue à son armateur
Le River Orchid à travaille le Mékong, entre le Vietnam et le Cambodge,
pour cette marque. Il ne le fait plus. Comme sur le Douro, la coque ne lui a
jamais appartenu : elle est armée par un spécialiste des fleuves d'Asie, qui
l'affrété. L'affrètement a pris fin, la page est restée.
Aucune annonce de retrait n'a été publiée. Le navire a simplement disparu du
catalogue, sans communiqué, sans mention, sans date. Le programme du Mékong est
désormais porte par le Mékong Jewel.
Une petite coque, et pas de balcon
Cinquante et un mètres, 29 cabines, 58 voyageurs, mise en service en 2013.
Il n'y a aucun balcon à bord et il n'y en a jamais eu : de grandes fenêtres
ouvrantes dans les cabines, et une promenade commune où tout le monde se
retrouve. Sur ce fleuve, l'air conditionne et la moustiquaire comptent plus que
la surface extérieure privée.
Le Mékong impose ses propres règles. Le niveau varie énormément entre la
mousson et la saison sèche, ce qui change les points d'embarquement et parfois
la longueur des transferts terrestres. Un itinéraire de novembre et un
itinéraire de mai ne se ressemblent pas, même sous le même nom.
Les autres fleuves lointains
Le Mékong Jewel a repris le Mékong. Le Ganges Voyager II remonte le Gange. L Aria Amazon travaille l'Amazone
péruvien. Le River Tosca couvre le Nil.
À qui appartient la coque
La compagnie fonctionne en propriété mixte. Elle possède une partie de ses
navires et en affrété d'autres à des armateurs tiers, souvent sans le dire dans
sa documentation commerciale. La différence se voit le jour où l'affrètement se
termine : la coque reste, le nom disparaît du catalogue, et rien n'est
annoncé.
C'est exactement ce qui distingue une flotte possédée d'une flotte louée.
Dans le premier cas, un navire retiré est un navire vendu et la vente se
retrace. Dans le second, le navire n'a jamais bougé : c'est le contrat qui a
pris fin.
Ce qui est compris, et ce qui ne l'est pas
Sont compris : les pourboires à l'équipage du bord, les boissons servies aux
repas, et au moins une excursion par journée de visite, celles qui figurent à
l'itinéraire. Le Wi-Fi est fourni sans engagement de débit ; en Europe
fluviale, il coupe dans les gorges et aux écluses.
Ne sont pas compris : le vol international, et les pourboires aux chauffeurs
d'autocar à terre, qui restent à votre charge. Les transferts entre l'aéroport
et le navire ne sont compris que si le billet d'avion a été acheté auprès de la
compagnie ; acheté ailleurs, le transfert se paie séparément.
Accessibilité : ce que la compagnie publie
Presque rien. Elle ne publie aucun nombre de cabines aménagées, sur aucun
navire de sa flotte. Sa déclaration d'accessibilité, celle qu'on trouve en pied
de page, ne porte que sur son site web : elle ne dit rien des navires.
Ce qu'elle écrit, en revanche, est net. Une personne ayant besoin d'aide
doit voyager avec un accompagnateur apte. Seul un fauteuil roulant pliant est
admis à bord. Le scooter de mobilité est refusé. Et si l'équipage juge en cours
de route qu'une personne ne peut plus poursuivre, elle est débarquée sans
remboursement.
Réserver depuis le Québec : le cadre
Trois droits se superposent ici. Le contrat de transport fluvial relève du
droit suisse, devant le tribunal de district de Rheinfelden. L'entité
canadienne répond devant la Cour supérieure de justice de l'Ontario, à Toronto,
sous permis ontarien. Le contrat américain, lui, désigne la Californie.
Rien n'établit un permis québécois pour cette compagnie. Votre protection
vient donc d'ici : Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la
protection du consommateur, vos versements transitent par un compte en fiducie,
et le Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages couvre votre
dossier selon la loi.