Pride of America : quatre îles hawaïennes en sept nuits, sans une seule journée en mer
Le Pride of America jauge 80 439 tonneaux, mesure 280,6 mètres sur 32,2 et compte 14 ponts, dont 11 accessibles aux passagers. Ses 1 109 cabines, dont 613 à balcon, embarquent 2 180 passagers en occupation double selon Norwegian, 2 252 selon CruiseMapper, et jusqu'à 2 662 toutes couchettes occupées, servis par 927 membres d'équipage. Coque commencée chez Litton-Ingalls à Pascagoula, achevée chez Lloyd Werft à Bremerhaven, mise en service en 2005. Son port d'attache est Honolulu à l'année, en 2026 comme en 2027 : le seul navire de la flotte dont le déploiement ne bouge jamais.
Une loi de 1886 explique tout son itinéraire
Le Pride of America est le seul navire de croisière de haute mer battant pavillon américain, et il a fallu une loi du Congrès, en janvier 2003, pour lui conserver ce statut. La conséquence tient au Passenger Vessel Services Act de 1886, la loi américaine de cabotage : une coque construite et immatriculée à l'étranger ne peut mener des passagers d'un port américain vers un autre sans escale dans un port étranger éloigné. Les navires sous pavillon étranger doivent donc greffer Ensenada ou Vancouver à leur Hawaï. Lui part de Honolulu, ne touche que des ports hawaïens et rentre à Honolulu. Aucune journée en mer, quatre îles, deux nuitées à quai.
Hawaï par bateau ou Hawaï par avion, et le vol qu'il faut acheter
Quatre îles par ses propres moyens, c'est trois vols interîles, trois locations d'auto et quatre hôtels. Ici, la valise se défait une fois. Honolulu le samedi soir; Kahului à Maui le dimanche dès 8 h, nuitée à quai, appareillage le lundi à 18 h; Hilo le mardi, de 8 h à 18 h; Kailua-Kona le mercredi, de 7 h à 17 h 30; Nāwiliwili à Kauai le jeudi dès 8 h, nuitée. Le vol mérite d'être regardé en face : aucune liaison sans escale ne relie Montréal à Honolulu. Comptez au mieux 12 h 45 de porte à porte via Minneapolis, avec six heures de décalage. Une ou deux nuits à Waikiki avant l'embarquement sauvent les deux premiers jours de croisière.
La côte de Nā Pali est revenue le 3 octobre 2026, et elle se paie
Le défilé des falaises du nord de Kauai avait disparu de l'itinéraire en mars 2024. Depuis le 3 octobre 2026, le navire lève l'ancre à Nāwiliwili le vendredi à 14 h et longe la côte de Nā Pali en fin de journée. C'est la plus belle heure de la semaine, et la seule qu'aucune voiture de location ne donne. La contrepartie s'annonce d'avance : trois heures de moins à terre à Kauai le vendredi. Qui tient au canyon de Waimea planifiera sa grande journée le jeudi, grâce à la nuitée.
Un équipage américain, pas de casino, un forfait boissons unique à ce navire
L'équipage est embauché et payé selon le droit du travail des États-Unis : ton de service plus familier, beaucoup moins de rotation, et une culture du pourboire de main à main plus vivante qu'ailleurs. Les frais de service quotidiens par personne fonctionnent comme sur le reste de la flotte de Norwegian Cruise Line, portés au compte de bord dès l'âge de trois ans, à un tarif plus élevé en suite. S'y ajoute le Free at Sea Hawaiʻi Beverage Package, un forfait boissons qui n'existe sur aucune autre coque, bâti sur des cocktails aux spiritueux régionaux et le remplissage illimité d'eau Vero; chaque consommation prise à quai supporte les taxes de l'État et du comté. Il n'y a pas de casino à bord, le jeu étant interdit dans les eaux de l'État.
Trois navires à comparer avec le Pride of America
Le Norwegian Spirit est l'autre navire sans jumeau de la flotte et il fait Hawaï lui aussi, mais depuis Vancouver, en seize jours. Le Norwegian Jewel offre la même échelle moyenne avec un casino et un quartier The Haven, deux choses absentes ici. Le Norwegian Pearl propose autant de balcons sur des programmes caraïbes qui demandent trois heures d'avion au lieu de treize.
À qui le Pride of America ne convient pas
À qui veut du bateau. C'est le navire le moins « bateau » de la flotte : pas de casino, pas de glissade, une piscine vide toute la journée parce que personne n'est à bord. Un couple qui rêve de journées en mer ne trouvera pas son compte dans sept réveils à 7 h. Les voyageurs seuls sont mal servis : quatre studios de catégorie T1 seulement, à l'avant du pont 13, et Norwegian indique elle-même que le Studio Lounge n'est pas offert ici. Le navire dépasse les vingt ans et sa cale sèche de mai 2025 a servi à l'entretien; aucune autre n'est annoncée pour 2026-2027.