Grand Princess : une dernière saison à Vancouver, puis l'Australie
Le Grand Princess jauge 107 517 tonneaux bruts pour 289,5 mètres de long et 36 mètres de large, sur dix-sept ponts dont treize ouverts aux passagers et 1 301 cabines, dont 717 avec balcon. Il embarque 2 602 passagers en occupation double, jusqu'à 3 122 toutes couchettes garnies, et 1 150 membres d'équipage. Fincantieri l'a livré à Monfalcone en 1998; c'était alors le navire le plus cher jamais construit. Il passe l'été 2026 en Alaska au départ de Vancouver, et c'est sa dernière saison nord-américaine.
Le 5 octobre 2026, il quitte l'Amérique du Nord
Il appareille de Los Angeles le 5 octobre 2026 vers Sydney, une traversée de 30 jours, et il reste en Australie pendant tout 2027 : boucles australiennes et néo-zélandaises depuis Sydney et Brisbane, plus un tour du Pacifique de 80 jours dès le 15 juin 2027. En clair, plus aucun embarquement à Vancouver après septembre 2026. D'ici là, allers simples de 7 et 8 jours vers Whittier et boucles de 15 jours, dernier retour le 12 septembre. Pour 2026, un Montréal-Vancouver sans escale d'environ cinq heures et demie suffit. Pour 2027, il faut viser Sydney ou Brisbane : une vingtaine d'heures de vol, 14 à 16 heures de décalage, une nuit d'hôtel de chaque côté.
Le piège de Whittier sur les allers simples
Whittier est à environ 90 minutes d'Anchorage par un tunnel routier à voie unique et à horaire alterné : voitures et trains y passent chacun leur tour, et personne ne double. Un débarquement matinal, un transfert en autocar et une fenêtre de tunnel manquée, et l'arrivée à l'aéroport glisse en milieu d'après-midi. Un vol de retour serré le jour même est une réclamation qui attend son heure. On achète tard, ou on couche à Anchorage.
Deux épisodes lui collent à la coque
Le premier se voit de loin. Le Skywalkers Nightclub, la soucoupe vitrée suspendue au-dessus de la poupe, a été démoli en mai 2011, et ceux qui l'ont connu le cherchent encore. Le motif n'était pas décoratif : la coque naviguait sur le nez, un défaut qui lui était propre, et la dépose a corrigé l'assiette. La discothèque a été refaite sur le pont 15, d'où le nom The One5; le Ruby Princess a gardé la sienne, devant la cheminée. Le second épisode est plus lourd. Le 5 mars 2020, au retour d'Hawaï, une éclosion de COVID-19 est confirmée à bord avec 3 533 personnes; le navire reste au large de San Francisco du 7 au 9 mars avant d'accoster à Oakland. Le bilan ne fait pas consensus : au moins 122 cas confirmés à la fin d'avril 2020 selon le suivi officiel, nettement plus selon d'autres recensements, et sept décès. Nous donnons la fourchette plutôt que de trancher, et rien de cela ne tient à la conception du navire.
Le balcon du pont 10 Caribe, deux fois plus profond
La coque de classe Grand est bâtie en gradins : les ponts 8 Emerald, 9 Dolphin et 10 Caribe reculent chacun sous celui du dessus. Un balcon du pont Caribe est ainsi deux fois plus profond que les autres et à demi couvert, ce qui change un matin gris au Glacier Bay. Le revers : ce retrait le rend visible d'en haut, et un passager du pont 11 Baja penché à sa rambarde en voit une partie. Si l'intimité passe avant la surface, prenez le pont 11 Baja ou le pont 12 Aloha, couverts et sans vis-à-vis, mais plus petits.
Le Medallion, le Sanctuary et le Captain's Circle
Le médaillon sans contact ouvre la cabine à l'approche, sert de moyen de paiement et fait livrer une consommation où que vous soyez. Ce qui agace : tout passe par l'application de Princess Cruises, lente et à remplir avant le départ, et sur une coque de 1998 la lecture aux portes hésite. Le Sanctuary, pont réservé aux adultes, répond à la densité du pont piscine : il se réserve et il se paie. Le Captain's Circle ne devient concret qu'au Platinum, à cinq croisières ou cinquante jours.
Deux navires à comparer avec le Grand Princess
Le Caribbean Princess est la même coque avec un pont de cabines de plus, et il embarque à Québec à l'automne 2027. Le Royal Princess est la génération suivante, 142 714 tonneaux et quinze ans de moins.
À qui le Grand Princess ne convient pas
L'âge se voit. La dernière refonte des intérieurs remonte à 2011, et la cale sèche d'avril-mai 2025 au chantier Vigor de Portland a porté sur la mécanique et la coque, pas sur les espaces. Salles de bain étroites, prises comptées, décor d'une autre décennie. Ni SeaWalk, ni dôme de verre, ni glissade : un adolescent trouvera les journées de mer longues. En revanche, le pont promenade 7 fait encore le tour complet du navire.