La dernière des quatre soeurs
Le Lyrial appartient à la série que la compagnie appelle ses Sisterships :
quatre coques identiques livrées entre 2010 et 2015, conçues pour porter de
deux cent vingt-quatre à deux cent soixante-quatre voyageurs. C'est le format
intermédiaire de la flotte, plus grand que les navires d'exploration et bien
plus petit que tout ce qui se construit ailleurs dans le haut de gamme.
Ce navire est entre en service en 2015. 63 dates de départ sont en venté :
7 en 2026, 32 en 2027 et 24 en 2028.
Ce que ce format permet
Le nombre de voyageurs décide de ce qu'un itinéraire peut contenir. Sous les
deux cent cinquante personnes, un navire entre dans des ports fermés aux
grandes coques, débarque tout le monde en une seule rotation de zodiacs et
remonte des fjords où des chenaux où les paquebots ne vont pas. C'est la raison
d'être de cette flotte, et elle se vérifie sur les itinéraires plutôt que dans
les brochures.
Le nombre de cabines aménagées pour le fauteuil roulant n'est
publié pour aucun navire de cette flotte. Nous le vérifions à la réservation
plutôt que d'avancer un chiffre.
Ce qui est compris, et la seule chose qui ne l'est pas
Cette compagnie est généreuse, et elle l'est dans un ordre qui surprend.
Les excursions à terre sont comprises. La plupart des boissons le sont aussi,
les vins de prestige exceptes. Le Wi-Fi est compris. Le minibar de la cabine
est compris. Les conférences et les animations le sont. Un majordome
accompagne les suites.
Les pourboires, eux, ne sont pas compris. C'est exactement
l'inverse de ce que la plupart des voyageurs supposent : ils s'attendent à
payer les sorties à terre et à voir les gratifications prépayées, et c'est le
contraire qui se produit. Prévoyez-le, parce que rien sur le navire ne vous le
rappellera avant la fin du séjour.
Les soins du spa se paient également. Pour le reste, la formule tient ce
qu'elle promet, et sur un itinéraire à escales nombreuses les excursions
comprises pèsent lourd dans la comparaison.
Ailleurs dans la flotte
Elle ferme la série ouverte par Le Boreal en 2010, avec L'Austral et Le Soleal entre les deux. La flotte a ensuite changé de direction avec les navires d'exploration.
Réserver depuis le Québec
Le contrat de cette compagnie est le plus favorable que nous ayons lu dans
ce secteur, et cela mérite d'être dit clairement. Le transporteur est
Compagnie du Ponant, dont le siège est avenue du Prado à Marseille, et le
contrat est soumis au droit français. Un litige se porte
devant les tribunaux français compétents.
Ce qui manque est aussi important que ce qui figure. Aucune clause
d'arbitrage. Aucune renonciation aux recours
collectifs. Les contrats américains de plusieurs concurrents imposent
les deux, ce qui oblige chaque voyageur à plaider seul devant un arbitre choisi
par le transporteur. Ici, non.
Le délai suit la même logique. Les réclamations se prescrivent par
deux ans, là où d'autres compagnies n'en accordent que quinze
ou trente jours à compter du débarquement. La Convention d'Athènes de 1974,
consolidée en 2002 et reprise par le règlement européen 392/2009, encadre la
responsabilité. Un médiateur du tourisme existe et peut être saisi.
Deux réservés d'honnêteté. La compagnie décline toute responsabilité pour
les bagages laissés sans surveillance, et elle se réserve le droit de modifier
l'itinéraire où de substituer le moyen de transport en cas de contrainte
d'exploitation. Par ailleurs, les conditions que nous avons lues sont les
conditions générales françaises : la version qui s'applique à un dossier
ouvert ici se vérifie au cas par cas. Votre protection québécoise, elle, ne
dépend pas de cela : Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la
protection du consommateur, vos versements transitent par un compte en fiducie
et votre départ est couvert par le Fonds d'indemnisation des clients des
agents de voyages.