Un doublon pur : deux adresses, un seul navire
Cette page et celle du S.S. Antoinette décrivent la même coque. Pas une
coque renommée, pas une coque refondue : le même navire, sous le même nom,
publie deux fois. Les deux pages affichent les mêmes 166 dates de départ. La
seule différence tient à la façon dont l'adresse a été écrite.
Rien n'explique pourquoi les deux existent. Ce n'est pas une erreur qui
change ce que vous achetez, mais c'en est une qui peut brouiller un dossier :
deux fiches, deux fils de réservation, un seul pont à l'arrivée. La fiche de
référence est celle du S.S. Antoinette.
Le navire lui-même
Cent trente-cinq mètres, mis en service en 2011 sur le Rhin, 77 cabines et
152 voyageurs. C'est l'une des plus grandes unités de la flotte européenne de
cette marque et l'une des plus reconnaissables : lustre de cristal dans
l'atrium, piscine couverte, ponts de bois. La densité reste modeste pour la
longueur, ce qui se sent dans les couloirs et à la salle à manger.
Sur le Rhin, la contrainte physique la plus commune n'est pas le navire mais
l'amarrage. Quand deux coques s'amarrent à couple, les voyageurs de la coque
extérieure traversent la coque voisine par des passerelles étroites et des
escaliers, sans préavis. Cela vaut ici comme partout ailleurs sur ce fleuve.
Les autres coques à comparer
Le S.S. Elisabeth travaille aussi le Rhin sur une jauge plus petite. Le S.S. Victoria ajoute la
Moselle. Le River Duchess couvre le Danube, le Rhin et le Main.
Possède ou affrété
Les deux, selon la coque. Cette compagnie possède une partie de sa flotte et
loue le reste a des armateurs qui gardent leurs navires à leur propre
catalogue. La documentation commerciale ne fait pas la distinction, ce qui
explique pourquoi certaines disparitions restent inexpliquées.
Un navire affrété peut sortir du programme du jour au lendemain sans qu'il
soit vendu, sans qu'il soit démoli, sans qu'il change même de nom. Il retourne
simplement à celui qui l'a toujours arme.
Les inclusions, sans arrondir
Le tarif couvre les pourboires du bord, les boissons aux repas et les
excursions inscrites à l'itinéraire. Il couvre aussi un accès Internet, mais
sans aucune promesse de performance : la couverture varie énormément d'un
tronçon de fleuve à l'autre.
Il ne couvre pas l'aérien. Il ne couvre pas non plus les pourboires aux
chauffeurs d'autocar pendant les excursions à terre, contrairement à ceux de
l'équipage. Et les transferts entre l'aéroport et le navire ne sont compris
qu'à condition que le billet vienne de la compagnie.
Mobilité réduite : lisez ceci avant de réserver
Accompagnateur apte exige. Fauteuil roulant pliant seulement. Scooter de
mobilité refuse. Débarquement possible en cours de voyage, sans remboursement,
si l'équipage estimé que la personne ne peut plus suivre le programme.
Le nombre de cabines aménagées n'est publié nulle part, sur aucun navire, et
la déclaration d'accessibilité du site ne couvre que le site lui-même. Les
salles de bain reçoivent des barres d'appui, ce qui n'en fait pas des salles de
bain accessibles. Votre conseiller pose les questions au cas par cas avant de
confirmer quoi que ce soit.
Trois droits, aucun québécois
Le transport fluvial se contracte en droit suisse, avec for à Rheinfelden ;
les documents de la compagnie désignent d'ailleurs tantôt Rheinfelden, tantôt
Bâle, et cette contradiction figure dans ses propres conditions. Côté canadien,
c'est l'Ontario. Côté américain, la Californie.
Aucun permis québécois n'est établi pour ce croisiériste. C'est l'agence qui
apporte la protection d'ici : permis de l'Office de la protection du
consommateur, compte en fiducie distinct des fonds de l'entreprise, et Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages. Ces trois-là suivent une
réservation faite ici, et seulement celle-là.