Le jumeau cache, et pourquoi son calendrier paraît court
L'American Heritage est entre en service en 2015, sous le même nom
d'origine que la coque de 2012. Deux reines du Mississippi successives, trois
ans d'écart, et des sources tierces qui les confondent encore. La première est
devenue le navire du Columbia ; celle-ci est restée sur le Mississippi.
Quatre-vingt-dix mètres, 78 cabines, 150 voyageurs, ascenseur desservant
tous les ponts passagers. Le nombre de cabines varie selon la source, de
soixante-dix-huit à quatre-vingt-quatre : nous retenons le chiffre le plus bas,
faute de pouvoir trancher.
Cent dix dates, et ce que cela ne veut pas dire
Cent dix dates chez nous, contre plus de deux cents pour ses cousins. Ce
n'est ni un retrait ni une avarie, et il vaut la peine d'expliquer pourquoi.
Ce navire vend des parcours longs : des traversées de quinze nuits consomment
deux semaines de calendrier pour une seule date de départ, la où une boucle de
sept nuits en produit trois fois plus.
S'y ajoute une saison 2026 amputée, avec une entrée en scène tardive et une
longue interruption à l'automne. Son calendrier 2027 et 2028 est en revanché
publie et complet, et son port d'attache principal devient La
Nouvelle-Orléans.
Les navires voisins
L American Splendor et l American Symphony sont ses cousins du Mississippi. L American Pride est la première coque à
avoir porté son nom d'origine. L American Melody partage le fleuve avec lui.
Le pavillon, le chantier et ce que cela change
Dix-huit coques, dix-huit possédées. Aucune n'est affrétée. Dix-sept sortent
du même chantier naval du Maryland, qui appartient à la même famille que la
compagnie de croisière. Concevoir, construire, armer et vendre : les quatre
étapes sont sous un seul toit, ce qui explique la vitesse à laquelle cette
flotte s'agrandit.
Sur la loi maintenant. On lit souvent que cette compagnie « ne peut pas »
quitter les eaux américaines. C'est faux. La loi de 1886 sur le transport de
passagers vise les navires étrangers, qu'elle oblige à insérer une escale
étrangère entre deux ports américains. Un navire américain n'y est pas
tenu.
Ce que la compagnie fait de cette liberté, c'est de rester chez elle. Elle
en tire un argument de vente : pas de douane, pas de formalité entre deux
escales, et un réseau fluvial que presque personne d'autre ne peut exploiter.
Pour un voyageur canadien, la nuance compte au moment des documents, et nous
y revenons plus bas.
Le tarif, poste par poste
Compris : la cabine, la pension complète, les pourboires d'équipage, la
nuit d'hôtel d'avant-croisière, les transferts entre l'hôtel, le navire et
l'aéroport, une excursion par escale au minimum, les taxes portuaires et
l'accès Internet satellitaire.
Non compris : le transport aérien, l'assurance voyage, les excursions dites
premium ou signature, et les consommations hors des services prévus. La bière
et le vin sont servis aux repas, un cocktail est offert en fin d'après-midi,
mais il n'y a pas de bar ouvert en continu sur plusieurs navires.
Sur les excursions, la critique la plus constante des recensions mérite
d'être reprisé telle quelle : les sorties les plus intéressantes sont souvent
celles qui se paient, et le quai n'est pas toujours au coeur de la ville. La
sortie comprise se fait alors en autocar. Demandez le détail avant de choisir
une date.
À bord, et pour qui
Petits navires, une seule salle à manger, un salon panoramique, un pont
soleil. Les soirées se passent en conférences plutôt qu'en spectacles, et
elles se terminent tôt. Ce n'est pas un manque, c'est le format ; mais un
voyageur qui cherche l'animation d'un grand navire sera ailleurs plus
heureux.
Le public est nettement plus âge que ce que la compagnie annonce : une
recension professionnelle parle de soixante-quinze ans et plus pour la
majorité des voyageurs, presque tous américains. Aucune installation pour
enfants n'existe à bord. Un couple de cinquante ans y sera le plus jeune du
bord de vingt ans.
L'accessibilité demande une précaution particulière. La compagnie à conclu
en janvier 2024 un règlement avec le ministère de la Justice des États-Unis
sur l'accessibilité de ses dix-sept navires d'alors, et le suivi de son plan
de mise à niveau n'est pas public. Elle annonce des cabines accessibles sans
en publier l'inventaire. Toute réservation de ce type se confirme par
écrit.
Partir du Québec
Passeport canadien valide obligatoire. La compagnie promet à ses clients
qu'ils peuvent le laisser à la maison, mais c'est vrai pour un Américain, pas
pour vous : rejoindre un port américain, c'est entrer aux États-Unis. Deux
itinéraires demandent le passeport même à bord, l'Alaska qui transite des eaux
canadiennes et les Grands Lacs qui empruntent un canal en territoire
canadien.
Le vol se réserve séparément. La nuit d'hôtel d'avant-croisière, les
transferts vers le navire et le transfert de retour vers l'aéroport sont
compris au tarif, ce qui simplifie beaucoup la journée d'arrivée.
Le contrat de passage prévoit le droit maritime américain et les tribunaux
du Connecticut, avec des délais de réclamation courts. Votre protection
québécoise ne vient donc pas de la compagnie : elle vient de l'agence
titulaire d'un permis par laquelle vous achetez. Voyages AquaTerra dépose vos
versements dans un compte en fiducie et votre dossier relève du Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages.