Le jumeau, immatriculé au Svalbard
Le MS Fridtjof Nansen est le second des deux hybrides : lancé le 9 décembre
2018, livré le 20 décembre 2019, exploite à partir de 2020. Même chantier que
son jumeau, coque au chantier Montex de Gdansk et aménagement chez Kleven à
Ulsteinvik. Cent quarante mètres, vingt-quatre de large, deux cent
soixante-cinq cabines toutes extérieures, la moitié avec balcon, cinq cabines
aménagées pour le fauteuil roulant, une centaine et demie de membres
d'équipage sur onze ponts.
Il a été baptisé le 15 septembre 2021 à Longyearbyen, et c'est le premier
navire de croisière immatriculé au Svalbard. Ce n'est pas qu'un symbole : le
port d'attache détermine le régime applicable à bord.
La motorisation est la même que celle de son jumeau, hybride à batteries,
avec une trentaine de minutes de propulsion entièrement électrique. Dans un
fjord ou devant un front glaciaire, cela veut dire le silence, et c'est
probablement la différence la plus sensible pour un voyageur.
Ce qui figure au dossier
Un ennui technique a été signalé le 16 novembre 2024 alors que le navire
faisait route vers Ushuaia. Il a été décrit comme contenu et n'a pas modifié le
calendrier des croisières suivantes. C'est le seul incident documenté pour
cette coque.
Sur les chiffres, même prudence que pour son jumeau : le transporteur annonce
quatre cent quatre-vingt-dix voyageurs, les bases spécialisées davantage. La
différence tient vraisemblablement au certificat maximal.
Ce qui est compris, et ce que le transporteur en dit
Il faut être précis ici, parce que la compagnie ne l'est pas. En mars 2024,
elle a annoncé le tout compris sur toute sa flotte à partir de novembre de la
même année. Sa page du MS Fridtjof Nansen annonce aujourd'hui les excursions
quotidiennes, le centre scientifique, les repas, les pourboires et les
boissons, avec un astérisque dont la note n'apparaît nulle part sur la page.
Sa propre foire aux questions, elle, réserve les pourboires aux occupants de
suite et décrit la plupart des excursions comme optionnelles, à réserver à
part. Ses conditions générales excluent les boissons haut de gamme, sauf en
suite.
Trois textes, trois versions. Nous ne promettons donc rien à sa place. Ce
qui est stable d'un texte à l'autre : la pension complète, les boissons
maison au repas du midi et au dîner, le the et le café toute la journée. Ce
qui ne l'est pas : les pourboires, les excursions, les boissons haut de gamme
et le Wi-Fi, annonce gratuit mais limite, avec des forfaits payants au-delà.
Demandez la liste écrite pour le départ que vous retenez : c'est la seule
façon de savoir.
Accessibilité : ce que le transporteur écrit
Les navires sont déclarés accessibles en fauteuil roulant, avec des
conditions. Le voyageur apporte son propre fauteuil, et sa largeur ne doit pas
dépasser soixante centimètres. Le transporteur écrit aussi qu'il faut être
assez agile pour monter dans les embarcations pneumatiques : c'est par là que
se font les débarquements en expédition, pas par une passerelle. Un client
qui a besoin d'aide pour ce transfert doit le savoir avant de réserver, pas au
moment de descendre.
Les bottes de caoutchouc sont fournies là où elles sont obligatoires, en
Antarctique, au Svalbard et dans l'est du Groenland. Les chaussures de marché
ne le sont pas. Pour l'Antarctique, un formulaire médical doit être rempli six
semaines avant le départ. L'âge minimum est de cinq ans pour l'Antarctique et
les Galapagos, et la participation des moins de douze ans aux débarquements
reste à la discrétion du capitaine. Aucun voyage n'est possible pour une
personne qui atteindra vingt-quatre semaines de grossesse d'ici la fin du
voyage.
Dans la flotte
Le MS Roald Amundsen est son jumeau, avec un
dossier plus chargé. Le MS Fram représente la génération
précédente. La flotte compte cinq navires, et le sixième,
l'ancien MS Otto Sverdrup, a repris son nom
d'origine chez Hurtigruten en 2025.
Réserver depuis le Québec
Le contrat pour les départs vendus en Amérique se signe avec HX US Inc, une
société du Delaware. Il relève du droit anglais et désigne les tribunaux
d'Angleterre à l'exclusion de tout autre. Aucune clause d'arbitrage n'y
figure, et aucune renonciation aux recours collectifs non plus, ce qui vaut
mieux pour vous que la formule d'autres croisiéristes. Les délais sont courts :
deux ans pour une réclamation en dommage corporel, en décès ou en bagages, un
an pour tout le reste. Hors escale américaine, la responsabilité est plafonnée
par la convention d'Athènes ; pour le reste, elle est plafonnée à trois fois le
prix total de la réservation.
Le transporteur se réserve aussi le droit de modifier la route, de changer
les débarquements, de substituer un navire où d'annuler pour cas de force
majeure. En expédition, ce n'est pas une clause de style : la glace et le vent
décident souvent de la journée.
Rien n'établit de permis québécois pour ce transporteur. Votre protection
vient d'ici : Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection
du consommateur, vos versements transitent par un compte en fiducie et votre
départ est couvert par le Fonds d'indemnisation des clients des agents de
voyages.