Quatre noms, trois armateurs, trente-quatre ans
Peu de coques ont autant change d'identité. Elle sort du chantier
Schichau-Seebeckwerft de Bremerhaven en février 1992 sous le nom de Royal
Viking Queen. Elle devient Queen Odyssey en 1995, Seabourn Legend en 1996, puis
Star Legend en 2015, quand Windstar la racheté en avril et la met en service en
mai.
En 2020, elle passe à son tour par l'allongement : coupée en deux, une
section neuve de vingt-cinq mètres et demi insérée au milieu, la capacité
portée à trois cent douze voyageurs. Les travaux commencent en mars 2020 et se
terminent en mai 2021, soit onze mois après la date prévue. Deux causes :
l'amiante découvert à bord, et la pandémie. C'est le plus long des trois
chantiers.
Ce que cela veut dire pour vous
Une coque de cette génération offre des volumes et des matériaux qu'on ne
construit plus, et une machinerie rénovée mais pas neuve. Ce n'est ni un
avantage ni un défaut en soi : c'est un choix, et il faut le faire en
connaissance de cause plutôt qu'en croyant monter sur un navire de 2021.
Ce que le tarif comprend, et ce qu'il ne comprend pas
C'est le point sur lequel un client se trompe le plus souvent, parce que
« petit navire haut de gamme » laisse croire au tout compris. Ici, le tarif de
base comprend les repas, dans tous les restaurants du bord et par le service
aux suites. C'est tout.
Un frais de service quotidien est porté automatiquement à votre compte de
bord, par personne et par nuit. Il reste ajustable au bureau des services aux
voyageurs, mais il faut le demander. Les boissons se paient, avec un frais de
service qui s'ajoute aux consommations du bar. Le Wi-Fi se paie. Les
excursions se paient.
Un forfait facultatif, appelé All-In, regroupe les boissons, le Wi-Fi et le
frais de service quotidien. Il s'achète avant le départ et il ne comprend
jamais les excursions, quelle que soit la formule. Faites le calcul avant de
partir plutôt qu'au comptoir : c'est la seule façon de comparer honnêtement ce
tarif avec celui d'une compagnie réellement tout compris.
Accessibilité et comparaison
Ce navire a un ascenseur et des cabines annoncées à accessibilité modifiée,
sans chiffre publie. Les trois voiliers de la flotte, dont le
Wind Spirit, n'en ont aucune et n'ont pas
d'ascenseur. Ses deux jumeaux sont le
Star Pride et le
Star Breeze, transformés de la même manière. Les
trois viennent de chez Seabourn.
Réserver depuis le Québec
Le contrat est signé avec Windstar Cruises Marshall Islands, une société des
îles Marshall dont le bureau principal est à Miami. Le droit maritime général
des États-Unis s'applique, et à défaut celui de la Floride.
Une réclamation pour dommage corporel, maladie ou décès se porte devant le
tribunal fédéral du district sud de Floride, à Miami, ou devant les tribunaux
du comte de Miami-Dade. Toute autre réclamation passe par un arbitrage
exécutoire administre par l'American Arbitration Association, à Miami,
et le contrat impose une renonciation aux recours collectifs.
Les délais sont courts et ils différent selon la nature de la réclamation.
Six mois d'avis écrit et un an pour intenter, en dommage corporel. Pour tout le
reste, quatre-vingt-dix jours d'avis après la fin de la croisière
et six mois pour engager l'arbitrage. Le contrat exclut par ailleurs la
responsabilité du transporteur pour les maladies transmissibles, dont la
COVID-19, pour la détresse morale sans blessure physique, et pour les dommages
indirects.
Le transporteur écrit noir sur blanc qu'il ne garantit pas l'itinéraire :
il peut retarder, modifier ou annuler, et substituer un autre navire ou un
autre moyen de transport. Rien n'établit de permis québécois pour lui. Votre
protection vient d'ici : Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la
protection du consommateur, vos versements transitent par un compte en fiducie
et votre départ est couvert par le Fonds d'indemnisation des clients des agents
de voyages.