Le dernier paquebot transatlantique du monde
Ce n'est pas une formule. Le Queen Mary 2 est construit autrement qu'un
navire de croisière : coque plus épaisse, tirant d'eau plus profond, franc-bord
plus haut, et une vitesse de service qui monte à trente noeuds. Ces choix
coûtent cher et ne servent qu'à une chose, tenir l'Atlantique Nord en hiver,
quand la mer y est mauvaise. Aucun autre navire en service n'est fait pour ça.
Il est sorti des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire en 2004. Cent
quarante-neuf mille deux cent quinze tonneaux, trois cent quarante-cinq mètres,
jusqu'à deux mille six cent quatre-vingt-quinze voyageurs et environ mille deux
cent cinquante-trois membres d'équipage sur treize ponts.
Le seul navire qui embarque des chiens
Il porte un chenil, sur le pont supérieur, avec un maître-chien à bord. Les
chiens et les chats y voyagent sur les traversées transatlantiques, ce qu'aucun
autre navire de croisière ne permet. Pour une famille qui déménagé entre
l'Europe et l'Amérique, c'est parfois la seule façon de faire passer un animal
sans le mettre en soute d'avion. Les places sont peu nombreuses et partent très
tôt.
Le classement, et pourquoi il faut le savoir avant de réserver
C'est la particularité de cette compagnie et la source de la plupart des
déceptions quand personne ne l'explique. La catégorie de cabine que
vous réservez décide du restaurant où vous mangerez pendant toute la
croisière. Quatre rangs : Britannia, Britannia Club, Princess Grill,
Queens Grill.
Les voyageurs des Grill ont leur propre salle à manger, leur propre salon et
leur propre pont extérieur, accessibles par carte codée. Un voyageur en
Britannia ne peut pas y réserver une table, et cela ne se change pas une fois à
bord. En Britannia, le repas du soir se prend à l'un des deux services à heure
fixe, ou dans une plage horaire alignée sur le premier.
Ce n'est ni un défaut ni un piège : c'est un heritage assumé, celui des
paquebots où l'on voyageait par classés. Mais un voyageur habitué aux navires
où tout le monde mange partout doit le savoir avant de choisir sa cabine,
parce que la différence se vit trois fois par jour pendant deux semaines.
Le nombre de cabines aménagées pour le fauteuil roulant n'est
publié pour aucun navire de cette flotte. Nous le vérifions à la réservation
plutôt que d'avancer un chiffre.
Ce que le tarif comprend, et ce qu'il ne comprend pas
Le décor de grand paquebot laisse croire au tout compris. Ce n'en
est pas un. Le tarif couvre la cabine, les repas des salles à manger
et des buffets, les spectacles et les conférences. Le reste se paie.
Des frais quotidiens d'hôtellerie et de restauration s'inscrivent
automatiquement à votre compte de bord, à un taux qui varie selon la catégorie
de cabine. Ils se prépaient avant le départ et peuvent être ajustés au bureau
du commissaire une fois à bord, mais ils ne disparaissent pas d'eux-mêmes. Un
frais de service distinct s'ajoute par ailleurs aux consommations du bar et aux
soins du spa.
Les boissons alcoolisées se paient où s'achètent en forfait. Le Wi-Fi se
paie. Les excursions à terre se paient. Certains restaurants demandent un
supplément. Rien de tout cela n'est anormal dans ce segment, mais il vaut mieux
en tenir compte au moment de comparer avec une compagnie où ces postes sont
compris.
Ailleurs dans la flotte
Les trois autres navires sont des navires de croisière, pas des paquebots :
le Queen Victoria et le
Queen Elizabeth de la même série, et le
Queen Anne, le plus récent. La flotte en
compte quatre.
Réserver depuis le Québec
Le contrat est signé avec Carnival plc, faisant affaire sous le nom de
Cunard Line, et il relève du droit maritime fédéral des États-Unis malgré le
port d'attache anglais. Le tribunal compétent change selon l'itinéraire : le
comte de Los Angeles, en Californie, pour toute croisière qui touche un port
américain, et les tribunaux de Southampton, en Angleterre, pour celles qui n'en
touchent aucun. Depuis Montréal, ni l'un ni l'autre n'est commode.
Ce contrat ne prévoit aucun arbitrage, contrairement à
plusieurs de ses concurrents : le litige se plaide devant un tribunal. En
revanche il impose une renonciation aux recours collectifs, ce qui oblige
chacun à agir seul.
Les délais sont serrés et le second l'est particulièrement. Six mois d'avis
écrit et un an pour intenter, en dommage corporel, avec quatre-vingt-dix jours
pour signifier. Mais quinze jours d'avis après la fin de la
croisière pour toute autre réclamation, et six mois pour agir. Quinze
jours. Un bagage abîmé, une escale supprimée, un service non rendu : notez la
date de votre débarquement. La responsabilité en matière de bagages est par
ailleurs plafonnée très bas; le plafond se relève avec le programme de
protection de la compagnie, et les objets de valeur ne sont pas couverts.
Le transporteur se réserve le droit d'annuler la croisière, de s'écarter des
escales prévues ou de substituer le navire, sans préavis. Rien n'établit de
permis québécois pour lui. Votre protection vient d'ici : Voyages AquaTerra
détient un permis de l'Office de la protection du consommateur, vos versements
transitent par un compte en fiducie et votre départ est couvert par le Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages.