Le premier hybride, et l'été 2020
Le MS Roald Amundsen est sorti du chantier en 2019 : coque et
superstructure au chantier Montex de Gdansk, aménagement chez Kleven à
Ulsteinvik. Cent quarante mètres, vingt-quatre de large, deux cent
soixante-cinq cabines toutes extérieures dont la moitié avec balcon, cinq
cabines aménagées pour le fauteuil roulant, environ cent cinquante membres
d'équipage. Sa motorisation hybride à batteries permet une propulsion
entièrement électrique pendant une trentaine de minutes et réduit d'environ un
cinquième la consommation et les émissions.
Le transporteur annonce quatre cent quatre-vingt-dix voyageurs, les bases
spécialisées montent au-delà de cinq cents. L'écart s'explique
vraisemblablement par le certificat maximal, mais nous ne l'affirmons pas.
Ce qui figure au dossier
En juillet 2020, une éclosion de COVID-19 à bord à touche soixante-dix
personnes, passagers et équipage confondus, lors de la deuxième expédition
suivant la reprise. La compagnie a commandé une enquête indépendante, et ce
rapport ne l'a pas ménagée : gestion du risque insuffisante, absence
d'évaluation complète avant la reprise, membres d'équipage étrangers non
testes, quarantaine mal appliquée et mal enseignée, communications médicales
confuses, douze heures pour prévenir tous les passagers une fois les tests
positifs connus. Des passagers avaient déjà débarqué et repris la route sans
savoir à quoi ils avaient été exposés.
Le président-directeur général s'est excusé publiquement et les expeditions
ont été suspendues jusqu'en 2021. Six ans ont passé et les protocoles ont
changé partout dans l'industrie. Nous le racontons quand même, parce qu'un
client qui cherche le nom de ce navire tombera dessus.
Ce qui est compris, et ce que le transporteur en dit
Il faut être précis ici, parce que la compagnie ne l'est pas. En mars 2024,
elle a annoncé le tout compris sur toute sa flotte à partir de novembre de la
même année. Sa page du MS Roald Amundsen annonce aujourd'hui les excursions
quotidiennes, le centre scientifique, les repas, les pourboires et les
boissons, avec un astérisque dont la note n'apparaît nulle part sur la page.
Sa propre foire aux questions, elle, réserve les pourboires aux occupants de
suite et décrit la plupart des excursions comme optionnelles, à réserver à
part. Ses conditions générales excluent les boissons haut de gamme, sauf en
suite.
Trois textes, trois versions. Nous ne promettons donc rien à sa place. Ce
qui est stable d'un texte à l'autre : la pension complète, les boissons
maison au repas du midi et au dîner, le the et le café toute la journée. Ce
qui ne l'est pas : les pourboires, les excursions, les boissons haut de gamme
et le Wi-Fi, annonce gratuit mais limite, avec des forfaits payants au-delà.
Demandez la liste écrite pour le départ que vous retenez : c'est la seule
façon de savoir.
Accessibilité : ce que le transporteur écrit
Les navires sont déclarés accessibles en fauteuil roulant, avec des
conditions. Le voyageur apporte son propre fauteuil, et sa largeur ne doit pas
dépasser soixante centimètres. Le transporteur écrit aussi qu'il faut être
assez agile pour monter dans les embarcations pneumatiques : c'est par là que
se font les débarquements en expédition, pas par une passerelle. Un client
qui a besoin d'aide pour ce transfert doit le savoir avant de réserver, pas au
moment de descendre.
Les bottes de caoutchouc sont fournies là où elles sont obligatoires, en
Antarctique, au Svalbard et dans l'est du Groenland. Les chaussures de marché
ne le sont pas. Pour l'Antarctique, un formulaire médical doit être rempli six
semaines avant le départ. L'âge minimum est de cinq ans pour l'Antarctique et
les Galapagos, et la participation des moins de douze ans aux débarquements
reste à la discrétion du capitaine. Aucun voyage n'est possible pour une
personne qui atteindra vingt-quatre semaines de grossesse d'ici la fin du
voyage.
Dans la flotte
Le MS Fridtjof Nansen est son jumeau, livré
un an plus tard. Le MS Spitsbergen joue dans une
tout autre catégorie de taille. La flotte au complet en compte cinq,
contre six au moment du changement de nom : la coque manquante est
revenue chez Hurtigruten en 2024.
Réserver depuis le Québec
Le contrat pour les départs vendus en Amérique se signe avec HX US Inc, une
société du Delaware. Il relève du droit anglais et désigne les tribunaux
d'Angleterre à l'exclusion de tout autre. Aucune clause d'arbitrage n'y
figure, et aucune renonciation aux recours collectifs non plus, ce qui vaut
mieux pour vous que la formule d'autres croisiéristes. Les délais sont courts :
deux ans pour une réclamation en dommage corporel, en décès ou en bagages, un
an pour tout le reste. Hors escale américaine, la responsabilité est plafonnée
par la convention d'Athènes ; pour le reste, elle est plafonnée à trois fois le
prix total de la réservation.
Le transporteur se réserve aussi le droit de modifier la route, de changer
les débarquements, de substituer un navire où d'annuler pour cas de force
majeure. En expédition, ce n'est pas une clause de style : la glace et le vent
décident souvent de la journée.
Rien n'établit de permis québécois pour ce transporteur. Votre protection
vient d'ici : Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection
du consommateur, vos versements transitent par un compte en fiducie et votre
départ est couvert par le Fonds d'indemnisation des clients des agents de
voyages.