Un traversier des Açores devenu navire polaire
Le MS Spitsbergen n'a pas été conçu pour l'expédition. Il est sorti du
chantier Estaleiros Navais de Viana do Castelo, au Portugal, en 2009, sous le
nom de MV Atlantida, comme traversier commande pour les Açores. Il n'a jamais
servi à cela. Hurtigruten l'a racheté au début de 2015, l'a transformé en
navire d'expédition avec une coque renforcée, et l'a baptisé le 8 juillet 2016
à Svolvaer, en Norvège, par l'exploratrice polaire Cecilie Skog.
Ce n'est pas un détail d'histoire. Un traversier converti n'a pas la même
silhouette ni les mêmes espaces extérieurs qu'une coque dessinée pour la
glace. En échange il est compact, cent un mètres pour dix-huit de large, ce
qui lui permet des mouillages où les grands navires ne vont pas.
Ce que nous ne pouvons pas établir
Le nombre de cabines n'est pas établi. Une base spécialisée en annonce cent
quatre-vingts, une autre parle d'une centaine après la conversion. Les deux
peuvent décrire deux états du même navire, personne ne le précise. Même
écart sur la capacité : le transporteur annonce cent cinquante voyageurs, les
bases montent à plus de trois cents, ce qui ressemble à un certificat maximal.
Le nombre de cabines aménagées n'est publié nulle part pour cette coque. Nous
le demandons pour chaque réservation plutôt que d'avancer un chiffre.
Deux refontes sont documentées, en 2020 et en 2025. La seconde a refait les
salles de bains des cabines polaires, agrandi les espaces d'équipage et ajoute
un centre scientifique et un nouveau restaurant.
Ce qui est compris, et ce que le transporteur en dit
Il faut être précis ici, parce que la compagnie ne l'est pas. En mars 2024,
elle a annoncé le tout compris sur toute sa flotte à partir de novembre de la
même année. Sa page du MS Spitsbergen annonce aujourd'hui les excursions
quotidiennes, le centre scientifique, les repas, les pourboires et les
boissons, avec un astérisque dont la note n'apparaît nulle part sur la page.
Sa propre foire aux questions, elle, réserve les pourboires aux occupants de
suite et décrit la plupart des excursions comme optionnelles, à réserver à
part. Ses conditions générales excluent les boissons haut de gamme, sauf en
suite.
Trois textes, trois versions. Nous ne promettons donc rien à sa place. Ce
qui est stable d'un texte à l'autre : la pension complète, les boissons
maison au repas du midi et au dîner, le the et le café toute la journée. Ce
qui ne l'est pas : les pourboires, les excursions, les boissons haut de gamme
et le Wi-Fi, annonce gratuit mais limite, avec des forfaits payants au-delà.
Demandez la liste écrite pour le départ que vous retenez : c'est la seule
façon de savoir.
Accessibilité : ce que le transporteur écrit
Les navires sont déclarés accessibles en fauteuil roulant, avec des
conditions. Le voyageur apporte son propre fauteuil, et sa largeur ne doit pas
dépasser soixante centimètres. Le transporteur écrit aussi qu'il faut être
assez agile pour monter dans les embarcations pneumatiques : c'est par là que
se font les débarquements en expédition, pas par une passerelle. Un client
qui a besoin d'aide pour ce transfert doit le savoir avant de réserver, pas au
moment de descendre.
Les bottes de caoutchouc sont fournies là où elles sont obligatoires, en
Antarctique, au Svalbard et dans l'est du Groenland. Les chaussures de marché
ne le sont pas. Pour l'Antarctique, un formulaire médical doit être rempli six
semaines avant le départ. L'âge minimum est de cinq ans pour l'Antarctique et
les Galapagos, et la participation des moins de douze ans aux débarquements
reste à la discrétion du capitaine. Aucun voyage n'est possible pour une
personne qui atteindra vingt-quatre semaines de grossesse d'ici la fin du
voyage.
Le reste de la flotte
Le MS Fram est l'autre petit navire de
la flotte, avec une histoire plus classique. Le
MS Roald Amundsen montre ce que donne une
coque dessinée pour l'expédition des le départ. Et la
coque qui a quitté cette flotte en 2024
raconte le chemin inverse.
Réserver depuis le Québec
Le contrat pour les départs vendus en Amérique se signe avec HX US Inc, une
société du Delaware. Il relève du droit anglais et désigne les tribunaux
d'Angleterre à l'exclusion de tout autre. Aucune clause d'arbitrage n'y
figure, et aucune renonciation aux recours collectifs non plus, ce qui vaut
mieux pour vous que la formule d'autres croisiéristes. Les délais sont courts :
deux ans pour une réclamation en dommage corporel, en décès ou en bagages, un
an pour tout le reste. Hors escale américaine, la responsabilité est plafonnée
par la convention d'Athènes ; pour le reste, elle est plafonnée à trois fois le
prix total de la réservation.
Le transporteur se réserve aussi le droit de modifier la route, de changer
les débarquements, de substituer un navire où d'annuler pour cas de force
majeure. En expédition, ce n'est pas une clause de style : la glace et le vent
décident souvent de la journée.
Rien n'établit de permis québécois pour ce transporteur. Votre protection
vient d'ici : Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection
du consommateur, vos versements transitent par un compte en fiducie et votre
départ est couvert par le Fonds d'indemnisation des clients des agents de
voyages.