Quatre cabines, et tout le reste
Le MS Emily Bronte navigue depuis 2017. Cent trente-cinq mètres, 88 cabines,
169 voyageurs. Coque suisse, exploitation britannique, équipage international.
Son terrain va du Rhin à la Moselle, du Danube aux voies de Hollande, ce qui en
fait l'une des unités les plus polyvalentes du catalogue.
Sa fiche mêlé deux mots qui se ressemblent et ne veulent pas dire la même
chose. Sur ce navire, le balcon où l'on sort et où l'on pose une chaise existe
sur quatre cabines nommées. Les autres cabines supérieures ont une baie
coulissante avec une rambarde. Rien de scandaleux, c'est le standard du
fluvial ; mais mieux vaut le savoir en choisissant sa catégorie que le
découvrir en ouvrant la porte.
Le parcours et le rythme
Cent quinze dates chez nous, réparties sur quatre bassins. Un même navire
peut donc faire les tulipes en avril, la Moselle en juin et le Danube en
septembre. L'avantage est évident pour qui veut revenir : le même navire, un
autre fleuve, sans réapprendre les lieux.
Le revers tient à la logistique. Un navire qui change de bassin change de
port d'embarquement, et la ville d'embarquement ne se rejoint pas toujours par
un vol direct depuis Montréal. Vérifiez le trajet avant de vous attacher à une
date.
Les navires voisins
Le MS Geoffrey Chaucer est moins dense à longueur égale. L MS Oscar Wilde tient le Rhin et le Main. Le MS Riviera Resplendence
est neuf. Le MS George Eliot change de vocation en 2027.
À qui appartient ce navire
Le voyagiste ne possède aucune coque. Aucune, sur les vingt navires qu'il
vend. Les navires fluviaux appartiennent à un armateur familial suisse ou à un
armateur portugais, les navires côtiers à des familles dalmates. Le voyagiste
conçoit le voyage, remplit le navire et vend le forfait ; l'armateur arme la
coque, engage l'équipage et l'entretient.
La preuve la plus directe, c'est le voyagiste qui la publie : son propre
site héberge les conditions de transport de l'armateur, où le transporteur est
nommé et où il est écrit que la croisière a été réservée par une agence
indépendante sans lien avec la compagnie maritime.
Ce n'est pas un défaut en soi, c'est même le modèle dominant du fluvial
européen. Mais cela dit qui répond de quoi le jour où quelque chose tourne mal
à bord.
Ce que couvre le tarif, et le piège des deux marchés
Sont compris à bord : la cabine, tous les repas, le the et le café, les
excursions annoncées à l'itinéraire, l'accompagnement d'un directeur de
croisière et les taxes portuaires. Le vin et la bière accompagnent le repas du
soir sur les navires fluviaux.
Voici le piège. Ce voyagiste vend deux produits différents sous le même nom.
Au Royaume-Uni, le forfait comprend traditionnellement le vol et les
transferts. En Amérique du Nord, le tarif est un tarif de croisière : le vol,
l'hôtel d'avant-croisière et les transferts se vendent séparément. Or le site
britannique redirige vers le site nord-américain depuis chez nous. Un lecteur
qui a lu une page trouvée en ligne peut arriver avec les inclusions de l'autre
marché en tête.
Les pourboires d'équipage ne sont compris sur aucun navire de la
flotte. Plusieurs concurrents fluviaux du même marché les intègrent au tarif :
l'écart mérite d'être su avant de comparer deux devis.
La cabine, le balcon et les ponts
Un mot sur le balcon, parce que c'est la première source de deception du
fluvial européen. Sur ces coques, le vrai balcon, celui où l'on sort et où l'on
pose une chaise, n'existe que sur quatre cabines nommées. Partout ailleurs, ce
qu'on appelle balcon est un balcon à la française : une baie vitrée coulissante
avec une rambarde, et aucune surface extérieure. Sur le pont inférieur, la
fenêtre est fixe et son bord se situe près de la ligne d'eau.
Ce n'est pas un défaut cache, c'est un standard du fluvial. Mais entre lire
« balcon » sur une brochure et comprendre qu'on ne sortira pas, il y a un pas
que beaucoup franchissent seulement à l'embarquement.
Sur l'accessibilité, disons-le sans détour : aucune cabine adaptée au
fauteuil roulant n'est documentée sur aucun navire de cette flotte. Les quais
fluviaux se prennent souvent par une passerelle étroite et, lorsque deux
navires sont à couple, on traverse le pont du voisin pour rejoindre la
berge.
Depuis le Québec
Le transport aérien n'est pas compris au produit nord-américain. Depuis
Montréal, comptez un vol direct ou une correspondance selon la ville
d'embarquement, et prévoyez d'arriver au moins la veille : un navire fluvial
part à l'heure et ne revient pas chercher un voyageur retardé.
Un mot sur la protection, parce qu'il y a une confusion fréquenté. Rien
n'établit que ce voyagiste détienne un permis d'agent de voyages au Québec :
son entité nord-américaine est une société de Floride, et son contrat prévoit
le droit floridien et les tribunaux de Fort Lauderdale. Votre protection vient
d'ailleurs : de l'agence québécoise par laquelle vous achetez.
Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection du
consommateur. Vos versements transitent par un compte en fiducie et le Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages couvre votre dossier selon la
loi.