Le navire qui a ouvert l'Alaska
L'American Constellation est entre en service en 2017. Quatre-vingt-deux
mètres, 90 cabines, 170 voyageurs, quarante-trois membres d'équipage, six ponts
dont cinq avec cabines. C'est la tête de série de sa classe, et surtout l'un
des deux seuls navires de haute mer de toute la flotte.
Cette distinction commande tout le reste. Les seize autres navires sont des
unités fluviales ou côtières à faible tirant d'eau. Ces deux-là sont conçus
pour la mer ouverte, et ce sont donc les deux seuls que la compagnie déploie en
Alaska. C'est ce navire qui a ouvert ce programme.
Ce qu'il faut vérifier avant de réserver
Un ascenseur, un seul, pour six ponts. Sur un navire où les espaces communs
sont répartis en hauteur, cela se remarque, et cela mérite d'être pris en
compte au moment de choisir son pont.
Sur les cabines, neuf catégories. La plupart ouvrent sur une véranda avec
porte coulissante pleine hauteur, mais deux catégories n'ont qu'une fenêtre
panoramique fixe. Une base de données spécialisée décrit par ailleurs une
grande suite bien plus vaste que ce que la compagnie annonce : nous retenons le
chiffre de la compagnie et signalons l'écart.
Les navires voisins
L American Constitution est son jumeau, sur le même terrain. L American Spirit est le petit navire du Puget
Sound. L American Eagle et l American Glory sont des catamarans de la côte est.
Une compagnie qui possède ses coques, et les construit
Sur les dix-huit navires vendus ici, dix-huit lui appartiennent. Aucun
affrètement. C'est une exception dans la croisière : la plupart des marques
fluviales européennes louent leurs coques à des armateurs tiers. Ici, la
compagnie est propriétaire, exploitante, et elle construit dix-sept de ces
dix-huit coques dans un chantier naval de la même famille, au Maryland.
Un mot sur le pavillon, parce que c'est mal compris. La loi américaine de
1886 sur le transport de passagers oblige les navires ÉTRANGERS à insérer une
escale étrangère entre deux ports américains. Un navire construit aux
États-Unis, immatriculé aux États-Unis et armé par un équipage américain en
est dispensé.
Autrement dit, la loi n'interdit rien à cette compagnie. Elle aurait le
droit de toucher un port étranger. Ses itinéraires restent intérieurs par
choix commercial, et ce choix lui donne un monopole de fait sur les rivières
américaines. C'est un avantage, pas une contrainte.
Ce que couvre le tarif, et où se trouve l'écart
Sont compris : la cabine, tous les repas, les pourboires d'équipage, une
nuit d'hôtel avant l'embarquement, le transfert de l'hôtel au navire et celui
du navire à l'aéroport au retour, au moins une excursion par escale, les taxes
portuaires et un accès Internet par satellite.
Les pourboires compris sont un avantage réel : plusieurs concurrents du
même marché les laissent à la charge du voyageur. Une réserve tout de même,
des sources tierces mises à jour récemment affirment encore le contraire.
Faites confirmer par écrit à la réservation.
Voici l'écart le plus fréquent entre ce qu'on lit et ce qu'on trouve. La
bière et le vin accompagnent le midi et le soir, et il y a un cocktail en fin
d'après-midi. Cela ne fait pas un bar ouvert en continu, et sur plusieurs
navires la soirée se termine tôt.
Le public réel, et l'accessibilité
Disons-le sans détour, parce que c'est un critère de choix. La compagnie
parle d'une clientèle du début de la soixantaine. Une recension
professionnelle écrit que la plupart des voyageurs avaient facilement
soixante-quinze ans et plus, beaucoup dans la quatre-vingtaine, et que presque
tous venaient des États-Unis. Il n'y a aucune installation, aucun programme et
aucune animation pour enfants.
Sur l'accessibilité, un fait qu'il faut connaître. En janvier 2024, la
compagnie à conclu un règlement avec le ministère de la Justice des États-Unis
au titre de la loi sur les personnes handicapées, portant sur les dix-sept
navires qu'elle exploitait alors. Six plaintes lui reprochaient l'absence de
navires accessibles en fauteuil roulant et de procédures d'embarquement
sécuritaires.
Elle s'est engagée à déposer un plan de mise à niveau dans les dix-huit
mois. Le délai expirait à l'été 2025 et aucun document public n'en donne la
suite. Elle annonce des cabines accessibles sans publier le moindre
inventaire : exigez une confirmation écrite, cabine par cabine.
Depuis le Québec
La compagnie écrit que vous pouvez laisser votre passeport à la maison.
Cette phrase s'adresse aux Américains. Un Canadien qui se rend à un port
d'embarquement américain entre aux États-Unis, presque toujours par avion : il
lui faut un passeport canadien valide. Le permis de conduire amélioré et la
carte NEXUS ne valent pas pour un vol.
Le vol n'est pas compris au tarif, mais la nuit d'hôtel avant
l'embarquement et les transferts le sont. Selon le port, comptez un vol direct
depuis Montréal ou une correspondance ; La Nouvelle-Orléans, Portland, Juneau
et Tacoma demandent toutes une correspondance.
Sur la protection, une précision utile. Rien n'établit que cette compagnie
détienne un permis d'agent de voyages au Québec, et son contrat prévoit le
droit maritime des États-Unis devant les tribunaux du Connecticut. Voyages
AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection du consommateur :
compte en fiducie et Fonds d'indemnisation s'appliquent des lors que la
réservation se fait ici.