Deux cent quatre-vingt-seize dates, le calendrier le plus fourni
L'American Eagle est entre en service en août 2023. Soixante-quatorze
mètres, 56 cabines, 100 voyageurs, cinquante membres d'équipage. C'est un
catamaran, et cette coque a deux flotteurs explique presque tout ce qui suit :
elle offre une largeur de salon inhabituelle sur un si petit navire, et un
tirant d'eau assez faible pour emprunter l'intracotier et accoster dans des
ports secondaires ou aucun navire de croisière classique n'entre.
Deux cent quatre-vingt-seize dates de départ chez nous : c'est le
calendrier le plus fourni des dix-huit navires. Ce chiffre dit une chose
simple. Ce navire tourne sur des boucles de huit à quinze nuits, presque sans
interruption, de la Nouvelle-Angleterre en été à la Floride en hiver, avec
l'Hudson entre les deux.
La cabine, et la catégorie à vérifier
Cinquante-six cabines, deux ascenseurs desservant chaque pont, et un salon
panoramique à l'avant. Presque toutes les cabines ont un vrai balcon avec
porte coulissante pleine hauteur.
Presque. Il reste une catégorie sur le pont principal qui n'a qu'une
fenêtre panoramique fixe avec banquette. Elle est confortable et bien placée,
mais on n'y sort pas. Ses deux cadets de 2024 ont supprimé cette catégorie :
si le balcon est une condition, vérifiez la catégorie exacte avant de déposer,
ou choisissez l'un des deux navires plus récents.
Les navires voisins
L American Glory est son jumeau exact de 2023, avec la même réserve sur une catégorie.
L American Liberty et l American Legend sont les deux coques de 2024, entièrement balcons. L American Pioneer est un
monocoque de 2025, plus grand.
À qui appartient ce navire
À la compagnie elle-même. C'est la réponse courte, et elle vaut pour les
dix-huit navires du catalogue. Le règlement conclu en janvier 2024 avec le
ministère de la Justice des États-Unis parle d'ailleurs des dix-sept navires
« détenus et exploités » par elle a cette date.
Dix-sept des dix-huit coques sortent d'un chantier naval du Maryland qui
appartient à la même famille. Cette intégration verticale se voit dans les
plans : les navires d'une même classe sont rigoureusement identiques, et la
compagnie livré deux à quatre coques neuves par an depuis 2023.
Le pavillon américain, enfin. La loi de 1886 impose une escale étrangère
aux navires étrangers naviguant entre deux ports américains. Elle ne l'impose
pas à un navire américain. Si cette compagnie reste aux États-Unis, c'est son
choix, et ce choix lui donne les rivières américaines pour elle seule.
Ce qui est compris, et ce qui ne l'est pas
Le tarif couvre la cabine, tous les repas, les pourboires d'équipage, une
nuit d'hôtel avant l'embarquement avec les transferts, au moins une excursion
par escale, les taxes portuaires et l'Internet par satellite.
Il ne couvre pas le vol, l'assurance ni les excursions supérieures. La
question de l'alcool mérite une phrase exacte : bière et vin aux deux repas
principaux, plus un cocktail en fin d'après-midi. Ce n'est pas un forfait
boissons illimité, et plusieurs navires ferment tôt le soir.
L'Internet passe par satellite et il est compris. Aucun débit n'est
garanti : la liaison dépend de la vue du ciel et tombe dans les gorges du
Columbia, sous les ponts et dans les écluses. Prévoyez de ne pas travailler à
bord.
Ce que la vie à bord demande
Le rythme est lent : navigation le matin, escale et sortie guidée dans la
journée, retour à bord pour le souper, conférence en soirée. Les repas ont des
heures fixes et plusieurs recensions notent qu'on s'y sent presse. Il n'y a ni
casino, ni spectacle, ni programme pour enfants.
Sur le public, la compagnie annonce le début de la soixantaine et
l'observation professionnelle donne soixante-quinze ans et plus pour la
majorité. Presque tous les voyageurs viennent des États-Unis. C'est un critère
d'exclusion utile, pas un défaut.
Sur l'accessibilité, la compagnie annonce des cabines accessibles sur ses
navires sans publier d'inventaire, et elle a conclu en janvier 2024 un
règlement avec le ministère de la Justice des États-Unis portant précisément
sur l'accessibilité de sa flotte. Un client a mobilité réduite doit obtenir
une confirmation écrite avant de déposer.
Organiser ce voyage depuis Montréal
Il faut un passeport canadien valide pour entrer aux États-Unis par la voie
des airs. La formule de la compagnie sur le passeport reste à la maison vise
sa clientèle américaine ; elle ne s'applique pas à vous. Sur les itinéraires
d'Alaska et des Grands Lacs, le passeport sert aussi pendant la croisière.
Le tarif ne comprend pas le vol. Il comprend la nuit d'hôtel avant
l'embarquement, le transfert vers le navire et celui du navire vers
l'aéroport à la fin. Prévoyez tout de même une marge : plusieurs ports
d'embarquement demandent une correspondance depuis Montréal.
Rien n'établit que la compagnie détienne un permis d'agent de voyages au
Québec, et son contrat renvoie au droit maritime américain et aux tribunaux du
Connecticut, avec des délais de réclamation nettement plus courts que ceux du
droit québécois. Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la
protection du consommateur, et c'est de là que vient votre protection.