Un premier American Glory repose au fond de l'Atlantique
Il faut commencer par la, parce que la confusion est facile et qu'elle
circule. Un premier navire de ce nom, construit en 2002, a été retiré du
service puis coulé volontairement en novembre 2019 par le programme de récifs
artificiels de l'État du Delaware, au large d'Indian River Inlet. Le catamaran
qui porte ce nom aujourd'hui n'a aucun lien avec cette coque : il est entre en
service en novembre 2023.
Cela dit quelque chose de la compagnie. Elle réutilise ses noms, elle
retiré ses coques anciennes sans cérémonie, et elle a livré deux à quatre
navires neufs par an depuis 2023. Une recherche en ligne sur un nom de navire
peut donc tomber sur deux coques différentes à trente ans d'écart.
Le navire d'aujourd'hui
Soixante-quatorze mètres, 56 cabines, 100 voyageurs, cinquante membres
d'équipage, deux ascenseurs desservant chaque pont. Comme son jumeau de 2023,
il conserve sur le pont principal une catégorie a fenêtré panoramique fixe :
toutes les cabines n'ont pas un balcon.
Deux cent quatre-vingt-quatre dates chez nous, le deuxième calendrier de la
flotte. Été en Nouvelle-Angleterre, automne sur l'Hudson, hiver entre la
Caroline et la Floride, et un printemps basé à Providence. Le faible tirant
d'eau du catamaran lui ouvre l'intracotier et des ports que les grands navires
ne peuvent pas atteindre.
Les navires voisins
L American Eagle est son jumeau exact. L American Patriot est le monocoque qui inaugure les Grands
Lacs. L American Melody et l American Symphony sont des riverboats du Mississippi.
Propriétaire, constructeur et exploitant
Trois rôles habituellement séparés, réunis ici dans une seule main. La
compagnie possède les dix-huit navires qu'elle vend, en construit dix-sept
dans un chantier naval familial du Maryland, et les exploite elle-même avec un
équipage américain. Aucune coque affrétée, aucun armateur tiers, aucune
capacité annoncée par un propriétaire différent de celui qui vend.
Cela règle une question qui se pose partout ailleurs : quand la fiche du
constructeur et celle du vendeur divergent, ici, c'est la même maison. Les
écarts de chiffres qui subsistent viennent des bases de données tierces, pas
de deux entreprises qui se contredisent.
Sur le pavillon : la loi américaine de 1886 vise les navires étrangers, à
qui elle impose une escale étrangère entre deux ports américains. Un navire
américain en est dispensé. Cette compagnie pourrait sortir des eaux
américaines ; elle a choisi de ne pas le faire.
Le détail du tarif
Sont compris la cabine, la pension complète, les pourboires d'équipage, la
nuit d'hôtel d'avant-croisière et les transferts, une excursion par escale au
minimum, les taxes portuaires et l'accès Internet par satellite. C'est un
contenu généreux pour le marché nord-américain, et il faut le dire.
Deux réservés. La première porte sur l'alcool : bière et vin aux repas du
midi et du soir, un cocktail en fin d'après-midi, et rien qui ressemble à un
bar ouvert en permanence. Plusieurs recensions notent que la soirée s'éteint
tôt à bord.
La seconde porte sur les excursions : au moins une est comprise à chaque
escale, mais les sorties premium et signature se paient. Le vol, lui, n'est
jamais compris ; un forfait aérien optionnel existe et doit être ajouté bien
avant l'embarquement.
Le bord, le public et ce qu'on ne peut pas vérifier
Une salle à manger en service unique, un salon panoramique, un pont soleil,
des conférences en soirée. La journée se joue à terre, pas à bord. Aucune
installation pour enfants n'existe sur aucun navire de la flotte, et le public
est nettement plus âge que ce que la compagnie annonce : soixante-quinze ans
et plus pour la majorité, selon une recension professionnelle.
L'accessibilité d'abord. Un règlement conclu en janvier 2024 avec le
ministère de la Justice des États-Unis portait sur l'accessibilité des
dix-sept navires exploités à cette date. La compagnie annonce des cabines
accessibles sans publier d'inventaire par navire. Confirmation écrite exigée,
au cas par cas.
Un dernier point que personne ne dit. Le programme d'hygiène sanitaire du
CDC ne surveille que les navires ayant un itinéraire étranger. Aucun navire de
cette flotte n'en a. Il n'existe donc aucune donnée publique de salubrité sur
ces navires, ni bonne ni mauvaise. C'est un angle mort réglementaire, et non
un gage de propreté.
Ce que ce voyage demande depuis le Québec
Un passeport canadien valide, d'abord. La compagnie vend à ses clients
américains l'idée de laisser le passeport à la maison ; vous, vous entrez aux
États-Unis pour rejoindre le navire. Et sur deux itinéraires, l'Alaska et les
Grands Lacs, le navire lui-même frôle ou traverse des eaux canadiennes.
Le vol se réserve à part, mais la nuit d'hôtel d'avant-croisière et les
deux transferts sont compris. C'est un contenu généreux qui réduit le risque
d'un embarquement manque, à condition d'arriver la veille comme prévu.
Un mot sur le recours. Le contrat de passage prévoit le droit maritime des
États-Unis, les tribunaux du Connecticut, et des délais de réclamation courts.
Rien n'établit un permis québécois au nom de la compagnie. Voyages AquaTerra
détient ce permis : compte en fiducie, Fonds d'indemnisation des clients des
agents de voyages, et un seul dossier pour le vol, la croisière, l'hôtel et
l'assurance.