Six ponts passagers, et une suite placée bas
L'American Harmony est entre en service en 2019, deuxième coque de la série
des riverboats modernes. Quatre-vingt-deux mètres, 180 voyageurs, toutes les
cabines avec balcon extérieur meublé, ascenseurs desservant les ponts
passagers.
C'est le seul riverboat de la classe pour lequel la compagnie annonce six
ponts passagers, et sa suite vedette est placée au pont trois, alors que les
coques suivantes mettent la leur au pont quatre. Ce n'est pas un détail de
plan : une cabine basse et centrale bouge moins qu'une cabine haute et
avancée. Sur un fleuve, cela compte peu ; à l'embouchure du Columbia, où la
houle du Pacifique remonte, cela se remarque.
Le Columbia et la Snake
Deux cent seize dates chez nous, entre Portland et Clarkston. Le parcours
franchit huit barrages et leurs écluses, dont certaines parmi les plus
profondes du continent, traverse la gorge du Columbia et remonte la Snake
jusqu'à la frontière de l'Idaho.
Une remarque pratique. La connexion satellitaire comprise au tarif tombe
régulièrement dans les gorges et sous les ponts : la vue du ciel y est
coupée. Prévoyez de ne pas travailler à bord sur ce parcours en
particulier.
Les navires voisins
L American Symphony et l American Serenade partagent sa coque sur le Mississippi. L American Pride est un navire a
roue à aubes du même fleuve. L American Glory est un catamaran côtier.
Une compagnie qui possède ses coques, et les construit
Sur les dix-huit navires vendus ici, dix-huit lui appartiennent. Aucun
affrètement. C'est une exception dans la croisière : la plupart des marques
fluviales européennes louent leurs coques à des armateurs tiers. Ici, la
compagnie est propriétaire, exploitante, et elle construit dix-sept de ces
dix-huit coques dans un chantier naval de la même famille, au Maryland.
Un mot sur le pavillon, parce que c'est mal compris. La loi américaine de
1886 sur le transport de passagers oblige les navires ÉTRANGERS à insérer une
escale étrangère entre deux ports américains. Un navire construit aux
États-Unis, immatriculé aux États-Unis et armé par un équipage américain en
est dispensé.
Autrement dit, la loi n'interdit rien à cette compagnie. Elle aurait le
droit de toucher un port étranger. Ses itinéraires restent intérieurs par
choix commercial, et ce choix lui donne un monopole de fait sur les rivières
américaines. C'est un avantage, pas une contrainte.
Ce que couvre le tarif, et où se trouve l'écart
Sont compris : la cabine, tous les repas, les pourboires d'équipage, une
nuit d'hôtel avant l'embarquement, le transfert de l'hôtel au navire et celui
du navire à l'aéroport au retour, au moins une excursion par escale, les taxes
portuaires et un accès Internet par satellite.
Les pourboires compris sont un avantage réel : plusieurs concurrents du
même marché les laissent à la charge du voyageur. Une réserve tout de même,
des sources tierces mises à jour récemment affirment encore le contraire.
Faites confirmer par écrit à la réservation.
Voici l'écart le plus fréquent entre ce qu'on lit et ce qu'on trouve. La
bière et le vin accompagnent le midi et le soir, et il y a un cocktail en fin
d'après-midi. Cela ne fait pas un bar ouvert en continu, et sur plusieurs
navires la soirée se termine tôt.
Le public réel, et l'accessibilité
Disons-le sans détour, parce que c'est un critère de choix. La compagnie
parle d'une clientèle du début de la soixantaine. Une recension
professionnelle écrit que la plupart des voyageurs avaient facilement
soixante-quinze ans et plus, beaucoup dans la quatre-vingtaine, et que presque
tous venaient des États-Unis. Il n'y a aucune installation, aucun programme et
aucune animation pour enfants.
Sur l'accessibilité, un fait qu'il faut connaître. En janvier 2024, la
compagnie à conclu un règlement avec le ministère de la Justice des États-Unis
au titre de la loi sur les personnes handicapées, portant sur les dix-sept
navires qu'elle exploitait alors. Six plaintes lui reprochaient l'absence de
navires accessibles en fauteuil roulant et de procédures d'embarquement
sécuritaires.
Elle s'est engagée à déposer un plan de mise à niveau dans les dix-huit
mois. Le délai expirait à l'été 2025 et aucun document public n'en donne la
suite. Elle annonce des cabines accessibles sans publier le moindre
inventaire : exigez une confirmation écrite, cabine par cabine.
Depuis le Québec
La compagnie écrit que vous pouvez laisser votre passeport à la maison.
Cette phrase s'adresse aux Américains. Un Canadien qui se rend à un port
d'embarquement américain entre aux États-Unis, presque toujours par avion : il
lui faut un passeport canadien valide. Le permis de conduire amélioré et la
carte NEXUS ne valent pas pour un vol.
Le vol n'est pas compris au tarif, mais la nuit d'hôtel avant
l'embarquement et les transferts le sont. Selon le port, comptez un vol direct
depuis Montréal ou une correspondance ; La Nouvelle-Orléans, Portland, Juneau
et Tacoma demandent toutes une correspondance.
Sur la protection, une précision utile. Rien n'établit que cette compagnie
détienne un permis d'agent de voyages au Québec, et son contrat prévoit le
droit maritime des États-Unis devant les tribunaux du Connecticut. Voyages
AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection du consommateur :
compte en fiducie et Fonds d'indemnisation s'appliquent des lors que la
réservation se fait ici.