Toutes les cabines ont un balcon, et c'est nouveau
L'American Legend a effectué sa première croisière en novembre 2024.
Soixante-quatorze mètres, 56 cabines, 100 voyageurs, cinquante membres
d'équipage, deux ascenseurs. Sur le papier, il est identique à ses deux aînés
de 2023. Sur les plans de cabines, il ne l'est pas.
La compagnie a supprimé, sur les deux catamarans de 2024, la catégorie du
pont principal qui n'avait qu'une fenêtre panoramique fixe. Résultat : ici,
toutes les cabines ouvrent sur un vrai balcon avec porte coulissante pleine
hauteur. Pour un voyageur qui refuse une cabine sans balcon, c'est la
différence qui compte, et elle ne saute pas aux yeux sur une fiche
commerciale.
Le terrain
Deux cent quatre-vingt-deux dates chez nous. Le navire couvre toute la côte
est, du Maine aux Keys de la Floride, avec des croisières de huit à quinze
nuits et des escales à Boston, New York, Providence, Albany, Baltimore,
Washington, Philadelphie, Charleston et Amelia Island.
La coque catamaran donne un tirant d'eau faible, donc l'accès à
l'intracotier et à des quais de petites villes. La contrepartie tient en une
phrase : ce sont des ports secondaires, et l'excursion comprise se fait
parfois en autocar vers le centre.
Les navires voisins
L American Serenade, l American Song et l American Harmony sont des riverboats de 82 mètres. L American Pride est un navire a
roue à aubes du Columbia.
À qui appartient ce navire
À la compagnie elle-même. C'est la réponse courte, et elle vaut pour les
dix-huit navires du catalogue. Le règlement conclu en janvier 2024 avec le
ministère de la Justice des États-Unis parle d'ailleurs des dix-sept navires
« détenus et exploités » par elle a cette date.
Dix-sept des dix-huit coques sortent d'un chantier naval du Maryland qui
appartient à la même famille. Cette intégration verticale se voit dans les
plans : les navires d'une même classe sont rigoureusement identiques, et la
compagnie livré deux à quatre coques neuves par an depuis 2023.
Le pavillon américain, enfin. La loi de 1886 impose une escale étrangère
aux navires étrangers naviguant entre deux ports américains. Elle ne l'impose
pas à un navire américain. Si cette compagnie reste aux États-Unis, c'est son
choix, et ce choix lui donne les rivières américaines pour elle seule.
Ce qui est compris, et ce qui ne l'est pas
Le tarif couvre la cabine, tous les repas, les pourboires d'équipage, une
nuit d'hôtel avant l'embarquement avec les transferts, au moins une excursion
par escale, les taxes portuaires et l'Internet par satellite.
Il ne couvre pas le vol, l'assurance ni les excursions supérieures. La
question de l'alcool mérite une phrase exacte : bière et vin aux deux repas
principaux, plus un cocktail en fin d'après-midi. Ce n'est pas un forfait
boissons illimité, et plusieurs navires ferment tôt le soir.
L'Internet passe par satellite et il est compris. Aucun débit n'est
garanti : la liaison dépend de la vue du ciel et tombe dans les gorges du
Columbia, sous les ponts et dans les écluses. Prévoyez de ne pas travailler à
bord.
Ce que la vie à bord demande
Le rythme est lent : navigation le matin, escale et sortie guidée dans la
journée, retour à bord pour le souper, conférence en soirée. Les repas ont des
heures fixes et plusieurs recensions notent qu'on s'y sent presse. Il n'y a ni
casino, ni spectacle, ni programme pour enfants.
Sur le public, la compagnie annonce le début de la soixantaine et
l'observation professionnelle donne soixante-quinze ans et plus pour la
majorité. Presque tous les voyageurs viennent des États-Unis. C'est un critère
d'exclusion utile, pas un défaut.
Sur l'accessibilité, la compagnie annonce des cabines accessibles sur ses
navires sans publier d'inventaire, et elle a conclu en janvier 2024 un
règlement avec le ministère de la Justice des États-Unis portant précisément
sur l'accessibilité de sa flotte. Un client a mobilité réduite doit obtenir
une confirmation écrite avant de déposer.
Organiser ce voyage depuis Montréal
Il faut un passeport canadien valide pour entrer aux États-Unis par la voie
des airs. La formule de la compagnie sur le passeport reste à la maison vise
sa clientèle américaine ; elle ne s'applique pas à vous. Sur les itinéraires
d'Alaska et des Grands Lacs, le passeport sert aussi pendant la croisière.
Le tarif ne comprend pas le vol. Il comprend la nuit d'hôtel avant
l'embarquement, le transfert vers le navire et celui du navire vers
l'aéroport à la fin. Prévoyez tout de même une marge : plusieurs ports
d'embarquement demandent une correspondance depuis Montréal.
Rien n'établit que la compagnie détienne un permis d'agent de voyages au
Québec, et son contrat renvoie au droit maritime américain et aux tribunaux du
Connecticut, avec des délais de réclamation nettement plus courts que ceux du
droit québécois. Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la
protection du consommateur, et c'est de là que vient votre protection.