Dix dates, et rien au-delà de 2026
L'American West est la plus ancienne coque de la flotte : 1995, et la seule
qui ne soit pas sortie du chantier naval de la compagnie. Soixante et onze
mètres, 110 voyageurs, quatre ponts.
Voici le fait qu'il faut lire avant de réserver. Dix dates de départ
figurent chez nous, toutes entre la fin juillet et le 23 octobre 2026. Pour
2027, aucun itinéraire n'est publié nulle part. Ce n'est pas un défaut de
chargement de notre côte : le calendrier est vide partout.
Rien n'annonce un retrait, et nous n'en affirmerons pas un. Mais tous les
autres navires actifs de la flotte ont un calendrier 2027, et celle-ci est la
seule dans ce cas. Ne la vendez pas pour 2027 sans confirmation écrite.
Ce que ce navire a d'unique
Une rampe d'étrave de près de quatorze mètres, qui permet de débarquer
directement sur la berge sans quai. Aucun autre navire de la flotte n'en porte.
La roue à aubes arrière de vingt tonnes est entraînée par un moteur hydraulique
à huile biodégradable, assiste de deux propulseurs azimutaux.
La compagnie annonce pour ce navire un accès ascenseur limite et renvoie au
téléphone, sans préciser quels ponts sont desservis. Pour un client a mobilité
réduite, regardez ailleurs.
Les navires voisins
L American Patriot inaugure les Grands Lacs. L American Song et l American Harmony tiennent le même fleuve avec des
coques récentes. L American Pride est l'autre navire a aubes du Columbia.
Le pavillon, le chantier et ce que cela change
Dix-huit coques, dix-huit possédées. Aucune n'est affrétée. Dix-sept sortent
du même chantier naval du Maryland, qui appartient à la même famille que la
compagnie de croisière. Concevoir, construire, armer et vendre : les quatre
étapes sont sous un seul toit, ce qui explique la vitesse à laquelle cette
flotte s'agrandit.
Sur la loi maintenant. On lit souvent que cette compagnie « ne peut pas »
quitter les eaux américaines. C'est faux. La loi de 1886 sur le transport de
passagers vise les navires étrangers, qu'elle oblige à insérer une escale
étrangère entre deux ports américains. Un navire américain n'y est pas
tenu.
Ce que la compagnie fait de cette liberté, c'est de rester chez elle. Elle
en tire un argument de vente : pas de douane, pas de formalité entre deux
escales, et un réseau fluvial que presque personne d'autre ne peut exploiter.
Pour un voyageur canadien, la nuance compte au moment des documents, et nous
y revenons plus bas.
Le tarif, poste par poste
Compris : la cabine, la pension complète, les pourboires d'équipage, la
nuit d'hôtel d'avant-croisière, les transferts entre l'hôtel, le navire et
l'aéroport, une excursion par escale au minimum, les taxes portuaires et
l'accès Internet satellitaire.
Non compris : le transport aérien, l'assurance voyage, les excursions dites
premium ou signature, et les consommations hors des services prévus. La bière
et le vin sont servis aux repas, un cocktail est offert en fin d'après-midi,
mais il n'y a pas de bar ouvert en continu sur plusieurs navires.
Sur les excursions, la critique la plus constante des recensions mérite
d'être reprisé telle quelle : les sorties les plus intéressantes sont souvent
celles qui se paient, et le quai n'est pas toujours au coeur de la ville. La
sortie comprise se fait alors en autocar. Demandez le détail avant de choisir
une date.
À bord, et pour qui
Petits navires, une seule salle à manger, un salon panoramique, un pont
soleil. Les soirées se passent en conférences plutôt qu'en spectacles, et
elles se terminent tôt. Ce n'est pas un manque, c'est le format ; mais un
voyageur qui cherche l'animation d'un grand navire sera ailleurs plus
heureux.
Le public est nettement plus âge que ce que la compagnie annonce : une
recension professionnelle parle de soixante-quinze ans et plus pour la
majorité des voyageurs, presque tous américains. Aucune installation pour
enfants n'existe à bord. Un couple de cinquante ans y sera le plus jeune du
bord de vingt ans.
L'accessibilité demande une précaution particulière. La compagnie à conclu
en janvier 2024 un règlement avec le ministère de la Justice des États-Unis
sur l'accessibilité de ses dix-sept navires d'alors, et le suivi de son plan
de mise à niveau n'est pas public. Elle annonce des cabines accessibles sans
en publier l'inventaire. Toute réservation de ce type se confirme par
écrit.
Partir du Québec
Passeport canadien valide obligatoire. La compagnie promet à ses clients
qu'ils peuvent le laisser à la maison, mais c'est vrai pour un Américain, pas
pour vous : rejoindre un port américain, c'est entrer aux États-Unis. Deux
itinéraires demandent le passeport même à bord, l'Alaska qui transite des eaux
canadiennes et les Grands Lacs qui empruntent un canal en territoire
canadien.
Le vol se réserve séparément. La nuit d'hôtel d'avant-croisière, les
transferts vers le navire et le transfert de retour vers l'aéroport sont
compris au tarif, ce qui simplifie beaucoup la journée d'arrivée.
Le contrat de passage prévoit le droit maritime américain et les tribunaux
du Connecticut, avec des délais de réclamation courts. Votre protection
québécoise ne vient donc pas de la compagnie : elle vient de l'agence
titulaire d'un permis par laquelle vous achetez. Voyages AquaTerra dépose vos
versements dans un compte en fiducie et votre dossier relève du Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages.