Le plus chargé de la flotte, et une brèche de vingt-cinq mètres
Le Nordkapp porte sept cent treize dates de départ chez nous, le plus gros
inventaire de la flotte : deux cent trente-quatre en 2026, quatre cent huit en
2027 et soixante et onze en 2028. Cent vingt-trois mètres, 209 cabines dont 10
suites, sorti du chantier Kvaerner Kleven, à Ulsteinvik, en 1996. Refondu en
2016 puis en 2022.
Son histoire porte une marque que peu de fiches mentionnent. Le 30 janvier
2007, en Antarctique, près de l'île de la Deception, il s'échoué et ouvré sa
coque sous la ligne de flottaison sur environ vingt-cinq mètres. Du diesel
marin se déverse, deux cent quatre-vingt-quatorze voyageurs sont évacués par un
navire de la même flotte. Deux ans plus tôt, en février 2005, un membre
d'équipage était mort près d'Ornes pendant un essai de canot de sauvetage,
lorsque le câble de hissage à rompu. Ce sont des faits documentés et une fiche
honnête les porte.
Trois cabines adaptées sur 209
Les cabines 331, 333 et 335 sont aménagées, avec portes automatiques, et
deux toilettes accessibles se trouvent aux ponts 4 et 7. Sur un navire de plus
de deux cents cabines, cela veut dire une disponibilité structurellement rare :
la demande se fait tôt, par écrit, ou elle ne se fait pas.
Les autres navires de la ligne
Le MS Kong Harald partage sa génération et son gabarit. Le MS Nordnorge est son jumeau du chantier
d'Ulsteinvik. Le MS Richard With porte presque autant de dates. Le MS Nordlys a connu l'incendie de
2011.
Ce n'est pas un paquebot, c'est une ligne de service public
La ligne côtière Bergen-Kirkenes existe depuis 1893 et elle fonctionne
aujourd'hui sous contrat d'État, de 2021 à 2030. Le contrat impose la desserte
quotidienne de tous les ports, toute l'année, le transport de fret entre Tromso
et Kirkenes, et une capacité minimale de 320 voyageurs, 120 couchettes et 150
europalettes par navire. Trente-quatre escales vers le nord, trente-trois vers
le sud.
Conséquence directe sur votre voyage : l'horaire n'a pas été construit pour
vous. Certaines escales durent quinze minutes, huit ports sont desservis aux
petites heures, et le navire chargé du fret pendant que vous dormez. C'est ce
qui fait le charme de la chose et c'est aussi ce qui déçoit ceux qui
s'attendaient à une croisière. Autre point : le contrat est partagé avec un
autre armateur, Havila Kystruten, qui assure quatre des onze navires et alterne
les jours de départ. Selon la date choisie, vous embarquez sur l'un ou sur
l'autre.
Ce qui est compris, et ce qui change selon le billet
Sur le voyage complet, la pension complète est comprise : trois repas au
restaurant principal, le the, le café filtre et l'eau. Ne sont pas compris
l'alcool, les excursions, les transferts, les vols, et les pourboires, qui
restent à votre charge. La marque expédition du même groupe annonce l'inverse, avec un astérisque dont la note n'est pas publiée : à vérifier pour le départ retenu.
Le billet port à port, lui, est un titre de transport : les repas ne sont
pas compris et s'achètent séparément. La cabine devient obligatoire au-delà de
vingt-trois heures de traversée, on choisit une catégorie mais jamais un
emplacement, les suites ne s'y vendent pas, et les ventes n'ouvrent que six
mois avant le départ. Sur le Wi-Fi, prudence : le transporteur l'annonce
gratuit sur une page, réserve au tarif supérieur sur une autre, et exclu dans
ses conditions générales. Trois versions, aucune promesse de notre part.
La garantie aurores boréales, telle qu'elle est écrite
Elle existe, et elle a des conditions qu'il faut connaître avant de
réserver. Le voyage doit dürer au moins onze jours, partir entre le 20 septembre
et le 31 mars, et surtout être acheté au tarif supérieur : le tarif d'entrée ne
la comprend pas.
Le point qui surprend le plus : ce qui compte comme une observation. Le
transporteur écrit qu'il s'agit d'une aurore vue depuis le navire, consignée par
les officiers de pont et annoncée aux passagers à bord, et que la décision du
navire est finale. Une aurore faible, annoncée à trois heures du matin pendant
que vous dormez, éteint la garantie. Si elle joue, elle donne droit à un voyage
côtier classique la saison suivante, en cabine intérieure à deux lits, suites
exclues, à réclamer dans les vingt-huit jours du retour.
Accessibilité : ce que le transporteur écrit
Les usagers de fauteuil roulant sont acceptés, la plupart des aires
publiques sont de plain-pied et desservies par un ascenseur central. Mais le
transporteur exige un accompagnateur pour des raisons de sécurité, et il déclare
que l'équipage ne fournit aucun soin personnel : ni toilette, ni habillage, ni
alimentation, ni déplacement entre la cabine et les espaces communs, ni levage.
La phrase la plus importante est celle-ci : il écrit noir sur blanc qu'il
n'offre aucune excursion conçue spécifiquement pour les usagers de fauteuil
roulant et qu'il ne garantit pas d'autocar à rampe, les clients devant pouvoir
monter par eux-mêmes. Aucune liste d'escales inaccessibles n'est publiée. Les
cabines adaptées se comptent sur les doigts d'une main par navire.
Réserver depuis le Québec
Le contrat se signe avec une société norvégienne, relève du droit norvégien
et désigne le tribunal de Bergen. Aucune clause d'arbitrage n'est prévue, ce qui
est plutôt une bonne nouvelle. En revanche les délais sont courts : deux ans
pour une réclamation en dommage corporel, un an pour toute autre réclamation.
Rien n'établit de permis québécois pour ce transporteur. Votre protection
vient donc d'ici : Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la
protection du consommateur, vos versements transitent par un compte en fiducie,
et le Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages couvre votre
dossier selon la loi.