Ce que la coque inversée change vraiment
Le National Geographic Endurance a été livré en 2020. Coque construite en
Pologne, achèvement et armement en Norvège. Cent vingt-quatre mètres, 76
cabines, 138 voyageurs, six ponts, deux ascenseurs. Classe glace Polar Class 5,
catégorie À : la côte la plus élevée de la flotte. Ce n'est pas un
brise-glace, c'est un navire renforcé pour la glace de première année.
Sa particularité visible, c'est l'étrave inversée. Au lieu de monter sur la
vague et de retomber, la coque la fend. Le mouvement de tangage est
sensiblement réduit et le bruit d'impact disparaît presque. La compagnie
écrit que cela garantit la meilleure traversée qui soit, et c'est là que nous
nous séparons d'elle : le passage de Drake reste le passage de Drake, aucune
coque n'annule la houle australe, et un voyageur sujet au mal de mer doit s'équiper
comme ailleurs. La différence est réelle, elle n'est pas magique.
À bord
Des saunas, des espaces bien-être, un local d'embarquement pour le matériel
humide, et deux igloos sur le pont où l'on peut passer la nuit selon la
disponibilité et la météo. Les pourboires d'équipage sont compris et un
photographe National Geographic est à bord : ce navire fait partie des quatre
seuls dans ce cas.
Ce qu'il faut savoir avant de choisir sa cabine : les cabines les plus
avancées, près de l'étrave, sont signalées comme les moins confortables par
mer formée. Et la location des bottes et des pantalons imperméables se facture
en supplément, ce que plusieurs concurrents de la même catégorie
fournissent.
Les autres navires de la flotte
Le National Geographic Resolution est son jumeau exact. L National Geographic Explorer est plus ancien et sans étrave inversée.
L National Geographic Orion couvre le Pacifique Sud et l'Asie. Le National Geographic Quest tient l'Alaska et la
Basse-Californie.
Le détail du tarif
À bord et à terre, sont compris les repas, les sorties du programme
d'expédition, l'usage des Zodiacs, des kayaks, des planches à pagaie et du
matériel de plongée en apnée, les droits d'entrée des parcs, les permis
d'accès spéciaux, les taxes portuaires et les transferts d'aéroport prévus.
Les alcools sont compris à bord, sauf sur quatre navires que la compagnie
nomme explicitement.
Deux exclusions structurantes. Le transport aérien international n'est pas
compris ; certains vols intérieurs indispensables le sont, quand l'itinéraire
le dit. Et les pourboires d'équipage ne sont compris que sur quatre navires :
l'Endurance, le Resolution, l'Explorer et l'Orion. Sur les huit autres, ils
restent à votre appréciation et à votre charge.
Le photographe National Geographic suit la même liste de quatre navires.
Partout ailleurs, un instructeur photo certifié tient ce rôle. Nous le
précisons parce que la différence n'apparaît nulle part sur les pages de
navire, et qu'elle compte pour qui réserve d'abord pour la photographie.
Un Wi-Fi de base est compris. En Antarctique, en Arctique et dans certains
secteurs des Galapagos, la liaison dépend du satellite et de la météo : aucune
garantie de service.
La vie à bord, sans décor
Ce sont des navires d'expédition, pas des navires de croisière. Une seule
salle à manger, un seul service, pas de majordome, pas de champagne à volonté,
pas de lustres. Une recension professionnelle le formule sèchement : qui
espère cela sera déçu. Ce qu'on trouve à la place, ce sont des naturalistes,
une passerelle ouverte et des sorties deux fois par jour.
Le programme se décide au jour le jour, selon la glace, le vent et la
faune. Les débarquements se font en Zodiac, parfois les pieds dans l'eau,
depuis une embarcation instable.
Aucune cabine adaptée au fauteuil roulant n'est documentée sur aucun navire
de la flotte, et la compagnie ne publie aucune politique d'accessibilité.
Certains navires ont un ascenseur, plusieurs n'en ont pas, et sur l'un d'eux
l'ascenseur ne descend même pas jusqu'au local d'embarquement. Toute
réservation pour un voyageur peu mobile doit être confirmée par écrit.
Organiser ce voyage depuis le Québec
Le transport aérien international n'est pas compris au tarif de
l'expédition. Certains vols intérieurs indispensables au parcours le sont,
lorsque l'itinéraire l'indique explicitement.
Prévoyez une nuit d'avance avant l'embarquement, deux si le décalage est
important. Cette marge sert exactement une fois, mais ce jour-là elle sauve le
voyage. Gardez aussi la journée du retour libre.
Nous montons le dossier complet, vol, expédition, hôtels, transferts,
assurance, sous la protection du Fonds d'indemnisation des clients des agents
de voyages. Un appel suffit pour vérifier ce que la saison permet vraiment.