Le contraire du Paradise : 620 cabines à balcon
Sur 1100 cabines, 620 ouvrent sur un balcon. Plus de la moitié du navire.
S'y ajoutent 52 suites, 179 cabines à vue mer et 228 intérieures. Les balcons
sont petits, entre trois et cinq mètres carrés, mais ils existent et ils sont
praticables, ce qui n'est pas le cas partout dans cette flotte.
Une réserve, et elle compte : les huit cabines aménagées pour le fauteuil
roulant sont toutes en catégorie intérieure ou vue mer. Aucune n'a de balcon.
Un voyageur en fauteuil ne peut donc pas obtenir de balcon sur ce navire, quel
que soit son budget. La compagnie ne publie elle-même aucun de ces chiffres :
ils viennent de bases tierces et ne sont pas contractuels.
Ex-Costa Atlantica, refondue à Belfast
Construite en 2000 au chantier Kvaerner Masa-Yards, à Helsinki, en Finlande.
Deux cent quatre-vingt-douze mètres, douze ponts dont huit portent des cabines,
16 ascenseurs, pavillon des Bahamas, port d'attache Nassau. Elle a quitté Costa
le 12 janvier 2020, a changé de mains à nouveau, puis a été refondue chez
Harland and Wolff, à Belfast, au printemps 2024. Première croisière sous ce nom
le 14 juin 2024.
Une refonte ne rajeunit pas un acier. La presse spécialisée le dit sans
détour : malgré les travaux, l'Islander reste un navire conçu en 2000 et cela
se voit par endroits. L'aménagement intérieur, hérité d'une autre époque, rend
la circulation confuse, et le buffet est désigné comme le point faible de la
restauration.
Le printemps 2020, et une poursuite en cours
Sous pavillon Costa, le navire a vécu une éclosion majeure à quai à
Nagasaki, au Japon, en avril et mai 2020, pendant des réparations. Le pic à
touche cent quarante-neuf membres d'équipage. C'est un épisode qui appartient à
son histoire, pas à son présent, mais il fait partie de ce qu'on doit pouvoir
dire quand un client pose la question.
Plus récemment, une passagère a intenté une poursuite en Floride après une
chute survenue le 16 avril 2025 sur une marché de piscine décrite comme lâche
et branlante, avec une bande antidérapante usée. Les allégations n'ont pas été
tranchées. Elles portent sur l'entretien courant, et c'est à ce titre qu'on les
mentionne.
Où il navigue, et les autres coques
Quatre à sept nuits au départ de Port Tampa Bay, en Floride, vers Key West,
le Mexique et les Caraïbes, avec des voyages plus longs annoncés pour 2027.
Notre inventaire compte cent dix-sept dates, vingt-trois en 2026,
soixante-quatorze en 2027 et vingt en 2028.
Le Paradise est plus petit et n'a presque aucun balcon. Le Beachcomber entre en service en
janvier 2027. La fiche du Costa Atlantica raconte la vie antérieure de cette coque, et la
page de la flotte au complet réunit les trois.
Une licence de marque, pas une filiale
Le nom Margaritaville appartient à Margaritaville Enterprises, LLC. La
compagnie de croisière, elle, s'appelle Classica Cruise Operator Ltd. et
exploite sous licence. Ce n'est pas une filiale du groupe hôtelier et ce n'est
pas la compagnie de Jimmy Buffett : c'est un exploitant maritime qui a acheté
le droit d'utiliser un nom.
Elle a commencé à la fin de 2016 sous une autre enseigne, avec un seul
navire au départ de la Floride. L'accord de licence date de décembre 2021,
l'enseigne actuelle de mai 2022. Trois navires aujourd'hui, tous d'anciens
Costa.
Le tarif annonce n'est pas le tarif final
Deux frais quotidiens s'empilent dessus. Le premier est le frais de service,
porte automatiquement au compte de bord chaque nuit, majoré pour les suites. La
compagnie écrit qu'il est fixe, applique à tous, et qu'il ne peut être ni
ajusté ni retiré. C'est l'exception dans l'industrie : la plupart des
croisiéristes laissent le passager l'ajuster à la réception. La dernière hausse,
au 1er février 2026, n'a pas été annoncée et a été découverte par des clients
déjà réservés.
Le second est un supplément carburant, par personne et par nuit, sur le
Paradise seulement. Depuis février 2025, un frais de service s'applique aussi
automatiquement aux services optionnels : service en cabine, spa, restaurants
de spécialité, boissons. Le reste est classique : repas inclus, spectacles,
club d'enfants et conditionnement physique au tarif ; alcool, Wi-Fi, excursions
et casino en supplément.
Mobilité réduite : ce que la compagnie écrit noir sur blanc
Fauteuil de courtoisie pour monter et descendre, pas à bord. Largeur
maximale de soixante-six centimètres pour un appareil personnel, rangement
obligatoire en cabine pour dégager les couloirs. Au-delà de onze kilos, un
appareil motorise ne sera pas soulevé par l'équipage. Accompagnateur exige si
la personne ne peut s'habiller ou manger seule.
Les préavis sont longs et fermés : quatre-vingt-dix jours pour un interprète
gestuel, quarante-cinq jours pour un équipement spécialisé ou un régime
alimentaire, trente jours pour l'assistance au quai. Aux escales au tender,
Belize, Grand Cayman et Roatan, l'escale manquée n'est ni remboursée ni
créditée. Et la compagnie écrit elle-même que ses navires n'offrent pas de
services médicaux complets.
Où se plaide un litige, et en combien de temps
En Floride, dans le comte d'Orange, sous le droit maritime général des
États-Unis. Le contrat prévoit un arbitrage obligatoire pour les réclamations
non corporelles dépassant un seuil, et une renonciation au recours collectif
écrite en majuscules. Les réclamations pour blessure corporelle vont au
tribunal, pas à l'arbitre.
Le vrai piège n'est pas le lieu, c'est l'horloge. Trente jours d'avis et six
mois pour poursuivre sur une réclamation ordinaire ; six mois d'avis et un an
pour une blessure. Aucun permis québécois n'est établi pour ce croisiériste.
C'est l'agence qui apporte la protection d'ici : permis de l'Office de la
protection du consommateur, compte en fiducie distinct, et Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages.