Deux suites sur 218 cabines
C'est le ratio le plus bas de la flotte, et il dit exactement ce qu'est ce
navire : un transporteur côtier, pas un paquebot. Le Kong Harald compte 218
cabines et deux suites, sur cent vingt et un mètres. Il est sorti du chantier
Volkswerft, à Stralsund en Allemagne, en 1993, et a été refondu en 2016 puis en
2023.
Notre inventaire porte six cent quatre-vingt-quatorze dates : deux cent
trente-trois en 2026, trois cent quatre-vingt-dix-sept en 2027 et soixante-quatre
en 2028. Si vous cherchez une suite avec balcon, ce n'est pas le bon navire de
la flotte, et il vaut mieux le savoir avant de réserver que de le découvrir au
plan des ponts.
Deux échouements et une perte de propulsion
Le 4 mars 2013, à l'entrée du Trollfjord, le navire s'échoué ; l'enquête
attribué l'événement a une erreur du capitaine. Deux cent cinquante-huit
voyageurs et cinquante-sept membres d'équipage sont à bord, le navire reste
échoué environ trois heures et les dommages à l'étrave restent mineurs. Le 24
août 2021, près de Molde, il perd sa propulsion : deux ancres sont mouillées le
temps de remettre un moteur en route, avec trois cent huit voyageurs à bord. Une
éclosion de norovirus avait touché le navire en avril 2010.
Trois cabines adaptées
Les cabines 331, 333 et 335, à portes automatiques, et deux toilettes
accessibles aux ponts 4 et 7. Même configuration que ses jumeaux de la série de
Stralsund.
Les autres navires de la ligne
Le MS Richard With est son jumeau, sorti du même chantier la même année. Le MS Nordlys a suivi un
an plus tard. Le MS Nordkapp porte le plus gros inventaire. Le MS Polarlys a été converti en
hybride à batteries.
Un horaire de transport, pas un itinéraire de croisière
Ce que vous achetez ici relève d'un contrat entre l'État norvégien et deux
armateurs, courant de 2021 à 2030. Il oblige à desservir chaque port de la
ligne tous les jours de l'année, à transporter du fret sur la moitié nord du
parcours, et à garantir un minimum de couchettes et de palettes par navire. Le
fioul lourd y est interdit et le branchement à quai obligatoire là où il
existe.
Retenez surtout ceci : les escales sont dictées par le contrat, pas par
l'intérêt touristique. Quinze minutes à certains quais, trois ou quatre heures
aux plus grands ports, et huit escales de nuit. Et le contrat se partage avec
Havila Kystruten : les deux compagnies alternent les jours de départ, de sorte
qu'une date donnée correspond à l'une ou à l'autre. Votre conseiller vérifie
laquelle avant de réserver.
Voyage complet ou billet de segment : deux produits
Le voyage complet comprend la pension complète au restaurant principal, avec
the, café filtre et eau. Il ne comprend ni l'alcool, ni les excursions, ni les
transferts, ni les vols, ni les pourboires. Ces derniers méritent d'être
nommés : ils ne sont pas compris ici, contrairement à l'offre expédition du
même groupe, ou ils le sont.
Le port à port se vend comme du transport. Les repas n'y sont pas compris,
la cabine n'est exigée qu'au-delà de vingt-trois heures de traversée, son
emplacement n'est jamais choisi et les suites en sont exclues. Quant au Wi-Fi,
le transporteur en donne trois versions différentes selon la page consultée :
gratuit, réserve au tarif supérieur, où exclu. Nous ne promettons donc rien.
Les aurores : ce qui est promis et ce qui ne l'est pas
Personne ne peut garantir un phénomène naturel, et le transporteur ne le
fait pas non plus. Ce qu'il offre est une compensation si aucune aurore n'a été
observée, sous conditions strictes : onze jours de voyage au minimum, un départ
entre le 20 septembre et le 31 mars, et le tarif supérieur, le tarif d'entrée en
étant exclu.
La définition de l'observation est le coeur de l'affaire. Une aurore
consignée par les officiers de pont et annoncée à bord suffit à éteindre la
garantie, que vous l'ayez vue ou non, et la décision du navire est sans appel.
La compensation prend la forme d'un voyage côtier classique la saison suivante,
en cabine intérieure à deux lits, à réclamer dans les vingt-huit jours suivant
le retour.
Mobilité réduite : les règles avant la brochure
Un accompagnateur est exigé, et ce n'est pas une suggestion : le
transporteur l'écrit pour des raisons de sécurité. L'équipage ne fournit aucun
soin personnel, aucun levage, aucun accompagnement entre la cabine et les aires
publiques. Les triporteurs et quadriporteurs sont admis à condition de réserver
une cabine adaptée et de les ranger dans la cabine, jamais dans les espaces
communs.
Côté terre, la réserve est majeure : le transporteur déclare n'offrir aucune
excursion conçue pour les usagers de fauteuil roulant et ne garantit pas
d'autocar à rampe. Seules les excursions du premier niveau de difficulté peuvent
convenir. Et il ne publie aucune liste des escales où l'accès au quai est
impossible.
Où se plaide un litige
À Bergen, en Norvège, sous le droit norvégien. Le contrat ne prévoit aucune
clause d'arbitrage : un litige va donc devant un tribunal, et ce tribunal est
norvégien. Les délais de prescription sont d'un an pour une réclamation
ordinaire et de deux ans pour un dommage corporel, comptés du débarquement.
Aucun permis québécois n'est établi pour ce transporteur. C'est l'agence qui
apporte la protection d'ici : permis de l'Office de la protection du
consommateur, compte en fiducie distinct des fonds de l'entreprise, et Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages. Ces trois-là suivent une
réservation faite ici, et seulement celle-là.