Le navire qui est allé chercher les autres
Le Nordnorge a porté secours deux fois en Antarctique. Le 30 janvier 2007,
il a récupéré les deux cent quatre-vingt-quatorze voyageurs du Nordkapp,
échoué près de l'île de la Deception. Le 23 novembre de la même année, il a
recueilli cent cinquante-quatre personnes d'un navire d'expédition en train de
couler. Ce sont les épisodes qui définissent le mieux ce navire.
Cent vingt-trois mètres, 211 cabines dont 12 suites, sorti du chantier
Kvaerner Kleven à Ulsteinvik en 1997, refondu en 2016 puis en 2022. Notre
inventaire porte six cent soixante-treize dates : deux cent trente-cinq en 2026,
trois cent soixante-huit en 2027 et soixante-dix en 2028.
Une capacité qui ne veut pas dire ce qu'on croit
Le transporteur annonce 452 voyageurs, une base spécialisée en annonce cinq
cent quatre-vingt-dix. L'écart n'est pas une erreur : le premier chiffre compte
les couchettes de croisière, le second le certificat total, passagers de pont
port à port compris. Sur cette ligne, les deux existent en même temps à bord.
Nous retenons le chiffre du transporteur et nous nommons l'autre.
Le dossier d'incidents n'est pas vide non plus. Abordage du quai de Bodo le
21 janvier 2020 par vent de tempête. Incendie en salle des machines à quai à
Trondheim le 29 juin 2017, trois membres d'équipage intoxiques par la fumée.
Échouement à Skjervoy le 3 novembre 2014, avec entrée d'eau dans un ballast
avant. Collision avec une rampe à Batsfjord en septembre 2011.
Les autres navires de la ligne
Le MS Nordkapp est celui qu'il a secouru. Le MS Richard With porte le nom du fondateur. Le MS Kong Harald
compte deux suites seulement. Le MS Trollfjord appartient à la flotte Signature.
La ligne côtière, et qui l'exploite vraiment
C'est une ligne de service public, créée par contrat gouvernemental en 1893
pour porter le courrier le long de la côte norvégienne. Le contrat actuel court
de 2021 à 2030 et impose la desserte quotidienne de tous les ports, le fret
obligatoire entre Tromso et Kirkenes, et une capacité minimale par navire. Le
voyage complet fait douze jours et deux mille cinq cents milles nautiques.
Onze navires assurent le service, mais ils n'appartiennent pas tous à la
même compagnie : sept à Hurtigruten, quatre à Havila Kystruten, avec alternance
des jours de départ. Un voyageur qui achète une date sans le savoir peut donc
embarquer sur un navire d'une autre compagnie que celle dont il a lu la fiche.
C'est le genre de chose qu'on préfère apprendre avant.
Compris, non compris, et selon le billet
Compris au voyage complet : les trois repas quotidiens au restaurant
principal, le the, le café filtre et l'eau. Non compris : l'alcool, les
excursions, les transferts terrestres, les vols et les pourboires. Sur ce dernier point, la marque expédition du même groupe annonce l'inverse, avec un astérisque dont la note n'est pas publiée : à vérifier avant de comparer.
Le billet port à port ne comprend pas les repas : pension complète,
demi-pension ou à la carte s'achètent à part. La cabine devient obligatoire
passe vingt-trois heures de traversée. Le Wi-Fi est annoncé de trois façons
contradictoires par le transporteur lui-même, selon la page qu'on lit ; nous
préférons le dire que de le promettre.
Avant de partir pour les aurores
La saison va du 20 septembre au 31 mars, la garantie exige un voyage d'au
moins onze jours, et elle est attachée au tarif supérieur seulement. Trois
conditions, et elles se cumulent. Un voyage plus court, un départ hors saison où
le tarif d'entrée, et il n'y a plus de garantie du tout.
Ensuite vient la définition. Est réputée observation une aurore vue depuis
le navire, consignée par les officiers de pont et annoncée aux passagers ; la
décision du navire est finale. Autrement dit, une annonce nocturne pendant que
vous dormiez suffit. Si la garantie joue, elle donne un voyage côtier classique
la saison suivante, cabine intérieure à deux lits, suites exclues, à réclamer
dans les vingt-huit jours.
Ce qui est écrit sur l'accessibilité, et ce qui manque
Ce qui est écrit : accompagnateur exige, aucun soin personnel fourni par
l'équipage, ascenseur central desservant les principales aires publiques, deux à
quatre cabines adaptées selon le navire. Le transporteur ajoute qu'il n'offre
aucune excursion conçue pour les usagers de fauteuil roulant et qu'il ne
garantit pas d'autocar à rampe.
Ce qui manque : la liste des escales où l'accès est impossible, jamais
publiée. Et la confirmation que l'ascenseur dessert tous les ponts, que le
transporteur n'affirme nulle part. Sur un de ses navires il précise même que
certains ponts extérieurs ne sont accessibles que par escalier et que la piscine
n'a pas d'ascenseur.
Le cadre juridique
Droit norvégien, tribunal de Bergen, aucun arbitrage impose. La
responsabilité en cas de dommage corporel est plafonnée selon les conventions
maritimes internationales, comme chez la plupart des transporteurs européens.
Les délais, eux, sont serrés : un an pour réclamer, deux ans en cas de dommage
corporel.
Rien n'établit qu'une entité de ce groupe détienne un permis québécois.
Voyages AquaTerra en détient un, avec le compte en fiducie et le Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages qui vont avec. Une réservation
faite ailleurs n'emporte pas cette protection.