Quarante-quatre ans de coque, et un ascenseur qui s'arrête trop tôt
Le National Geographic Explorer date de 1982. C'était un traversier avant
d'être converti en navire d'expédition, et c'est aujourd'hui la plus grande
capacité de la flotte : 148 voyageurs, 81 cabines, cent douze mètres, six
ponts. Le chantier d'origine n'est confirmé par aucune source fiable, et la
compagnie écrit « coque renforcée contre les glaces » sans jamais donner la
côte exacte. Nous ne l'inventons pas.
Le défaut le plus concret est un détail d'architecture. L'ascenseur ne
descend pas jusqu'au pont le plus bas, celui du local d'embarquement, la où
l'on enfile son équipement et où l'on monte dans les Zodiacs. Autrement dit,
l'ascenseur s'arrête exactement avant l'endroit où il servirait le plus. Pour
un voyageur peu mobile, c'est l'obstacle décisif, et il ne se voit sur aucun
plan de pont commercial.
Ce que le navire a, et ce qu'il n'a pas
Il a une passerelle ouverte aux voyageurs, trois espaces de restauration,
une galerie, une bibliothèque et un local d'embarquement avec casiers. Les
pourboires d'équipage sont compris et un photographe National Geographic est à
bord : ce navire fait partie des quatre seuls dans ce cas.
Il n'a pas de bain à remous, pas de service de majordome, pas de sous-marin,
et une seule assise par repas. Ses cabines non rénovées sont décrites comme
sombres à cause d'un style intérieur date. Et il n'a pas d'étrave inversée :
son comportement dans le passage de Drake est nettement moins favorable que
celui de l'Endurance ou du Resolution. Si le confort en Drake est votre
priorité, ce n'est pas ce navire-ci qu'il vous faut.
Les autres navires de la flotte
L National Geographic Endurance et le National Geographic Resolution ont l'étrave inversée et une classe glace supérieure. L National Geographic Orion
couvre le Pacifique Sud et l'Asie. Le National Geographic Gemini tient les Galapagos.
Ce que couvre le tarif, et le détail qui surprend
Sont compris : les débarquements et sorties du programme d'expédition,
l'usage des Zodiacs, des kayaks, des planches à pagaie et du matériel de
plongée en apnée, les droits d'entrée des parcs et les permis d'accès
spéciaux, les taxes portuaires, les transferts d'aéroport dans la fenêtre
horaire recommandée, et les repas à bord. Les alcools sont compris à bord de
tous les navires sauf quatre, que la compagnie nomme un par un.
Voici le détail qui surprend. Les pourboires d'équipage ne sont compris que
sur quatre navires de la flotte : l'Endurance, le Resolution, l'Explorer et
l'Orion. Sur les huit autres navires de la marque, ils restent à votre charge.
C'est un mécanisme a deux vitesses à l'intérieur d'une même compagnie, et rien
sur la page d'un navire ne vous en avertit.
Le photographe National Geographic suit exactement la même règle : il est à
bord des mêmes quatre navires, et d'aucun autre. Partout ailleurs, vous
trouverez un instructeur photo certifié. C'est une fonction réelle et utile,
mais ce n'est pas la même chose, et la confusion entre les deux est la
première source de deception sur cette flotte.
Le transport aérien international n'est pas compris. Certains vols
intérieurs indispensables au parcours le sont, quand l'itinéraire le précise
noir sur blanc.
Ce que veut dire « expédition » ici
Le programme ne se décide pas d'avance. Les débarquements se font où la
glace, le vent et la faune le permettent, et le chef d'expédition peut changer
le plan de la journée au déjeuner. C'est le principe même de ce type de
voyage, et un voyageur qui tient à un itinéraire ferme sera plus heureux
ailleurs.
On descend à terre en Zodiac. Souvent en débarquement mouille, c'est-à-dire
les pieds dans l'eau, depuis une embarcation qui bouge. Cela demande de
pouvoir descendre une échelle de coupée, d'enjamber un boudin et de garder
l'équilibre. Aucun ascenseur ne compense cela.
Sur l'accessibilité, disons les choses telles qu'elles sont. La compagnie ne
publie aucune politique d'accessibilité, et aucune cabine adaptée au fauteuil
roulant n'est documentée sur aucun navire de la flotte, ascenseur ou pas. Une
recension professionnelle résume la situation d'une phrase : le navire a des
ascenseurs, mais aucune cabine ni aucun aménagement pour les voyageurs
handicapes. Toute réservation pour une personne a mobilité réduite doit passer
par une confirmation écrite de la compagnie.
Depuis le Québec
Aucun de ces parcours ne commence ici, et le transport aérien international
n'est pas compris au tarif. Selon la région, comptez une ou deux
correspondances, et parfois un vol intérieur obligatoire que l'itinéraire
précise.
Arriver la veille au minimum. Sur une expédition, le navire part à l'heure
et ne revient pas vous chercher. Un bagage retardé ou un vol décalé se
rattrape en une journée de battement, et ne se rattrape plus du tout autrement.
Nos conseillers montent le vol, l'expédition, les nuits d'hôtel, les
transferts et l'assurance dans un seul dossier, sous la protection du Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages. Écrivez-nous et nous
regarderons ensemble ce que la saison permet.