Une coque suisse sous pavillon portugais
Le MS Riviera Rose est entre en service en 2025. Quatre-vingts mètres, 58
cabines, 116 voyageurs, sur le Douro. La coque appartient à l'armateur familial
suisse qui arme la majorité de la flotte fluviale ; elle navigue au Portugal
sous pavillon local avec un équipage portugais.
C'est le navire le moins dense des trois unités du Douro : cent seize
voyageurs contre cent vingt-quatre sur les deux autres, pour une longueur
identique. Huit personnes de moins sur quatre-vingts mètres, cela paraît peu
sur le papier ; à bord d'un navire ou le salon est unique et la salle à manger
en service unique, cela se remarque au souper et sur le pont soleil.
Le Douro, en boucle
Cent six dates chez nous, entre Porto et Barca d'Alva. Le parcours suit la
vallée viticole classée, franchit cinq barrages et remonte jusqu'à la frontière
espagnole avant de redescendre. Il n'y a pas d'aller simple sur ce fleuve :
tout se fait en boucle depuis Porto.
La coque est récente et l'aménagement l'est aussi. En revanché, le fleuve ne
change pas : les excursions montent dans des villages à flanc de coteau et le
pavage y est ancien. C'est un voyage plus physique qu'il n'en à l'air.
Les navires voisins
Le MS Douro Elegance et le MS Douro Splendour sont portugais et un peu plus denses. Le MS Riviera Resplendence et le MS Riviera Radiance sont les
grandes unités de la même série sur le Rhin et le Danube.
À qui appartient ce navire
Le voyagiste ne possède aucune coque. Aucune, sur les vingt navires qu'il
vend. Les navires fluviaux appartiennent à un armateur familial suisse ou à un
armateur portugais, les navires côtiers à des familles dalmates. Le voyagiste
conçoit le voyage, remplit le navire et vend le forfait ; l'armateur arme la
coque, engage l'équipage et l'entretient.
La preuve la plus directe, c'est le voyagiste qui la publie : son propre
site héberge les conditions de transport de l'armateur, où le transporteur est
nommé et où il est écrit que la croisière a été réservée par une agence
indépendante sans lien avec la compagnie maritime.
Ce n'est pas un défaut en soi, c'est même le modèle dominant du fluvial
européen. Mais cela dit qui répond de quoi le jour où quelque chose tourne mal
à bord.
Ce que couvre le tarif, et le piège des deux marchés
Sont compris à bord : la cabine, tous les repas, le the et le café, les
excursions annoncées à l'itinéraire, l'accompagnement d'un directeur de
croisière et les taxes portuaires. Le vin et la bière accompagnent le repas du
soir sur les navires fluviaux.
Voici le piège. Ce voyagiste vend deux produits différents sous le même nom.
Au Royaume-Uni, le forfait comprend traditionnellement le vol et les
transferts. En Amérique du Nord, le tarif est un tarif de croisière : le vol,
l'hôtel d'avant-croisière et les transferts se vendent séparément. Or le site
britannique redirige vers le site nord-américain depuis chez nous. Un lecteur
qui a lu une page trouvée en ligne peut arriver avec les inclusions de l'autre
marché en tête.
Les pourboires d'équipage ne sont compris sur aucun navire de la
flotte. Plusieurs concurrents fluviaux du même marché les intègrent au tarif :
l'écart mérite d'être su avant de comparer deux devis.
Une coque de quatre-vingts mètres, et ce que cela impose
Le Douro n'est pas le Rhin. Ses écluses sont plus étroites, son barrage de
Carrapatelo est l'un des plus profonds d'Europe, et la vallée se resserre au
point qu'aucun navire de cent trente-cinq mètres n'y passe. Les coques du
Douro mesurent quatre-vingts mètres, et cette contrainte se voit à bord :
moins de cabines, moins d'espaces communs, plus de proximité.
Sur la cabine, une précision utile. Le vrai balcon reste rare sur les
navires fluviaux européens et le balcon à la française est la norme : une baie
vitrée coulissante avec rambarde, sans plancher extérieur. Les cabines du pont
inférieur ont une fenêtre fixe. Faites confirmer la catégorie exacte avant de
déposer, plutôt que de vous fier au mot balcon dans un descriptif.
Aucune cabine adaptée au fauteuil roulant n'est documentée sur cette flotte.
Sur le Douro, les quais sont bas et les passerelles courtes, mais les
excursions montent dans des villages en pente forte : c'est là que la mobilité
se mesure, pas à bord.
Depuis le Québec
Le transport aérien n'est pas compris au produit nord-américain. Depuis
Montréal, comptez un vol direct ou une correspondance selon la ville
d'embarquement, et prévoyez d'arriver au moins la veille : un navire fluvial
part à l'heure et ne revient pas chercher un voyageur retardé.
Un mot sur la protection, parce qu'il y a une confusion fréquenté. Rien
n'établit que ce voyagiste détienne un permis d'agent de voyages au Québec :
son entité nord-américaine est une société de Floride, et son contrat prévoit
le droit floridien et les tribunaux de Fort Lauderdale. Votre protection vient
d'ailleurs : de l'agence québécoise par laquelle vous achetez.
Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection du
consommateur. Vos versements transitent par un compte en fiducie et le Fonds
d'indemnisation des clients des agents de voyages couvre votre dossier selon la
loi.